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10/11/2010

Houellebecq, mention bien

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Je vais essayer de vous dire 2-3 trucs sur Houellebecq. Il vient d'avoir le prix Goncourt, du coup tout le monde y va de son petit commentaire, alors que bien souvent ils ne l'ont même pas lu, ils en ont juste entendu parler. Ben moi je l'ai lu, ça me donne déjà une légitimité. J'ai lu son premier roman, son deuxième, son troisième mais je n'ai pas lu La possibilité d'une île (ou juste quelques pages). Je précise aussi que je n'ai pas lu son dernier, le prix Goncourt donc, mais je ne peux pas l'avoir lu puisque je ne l'ai pas acheté (si quelqu'un veut me l'offrir, qu'il ne se gêne pas...).

Sachez tout d'abord que Houellebecq est un meilleur écrivain que Guillaume Musso et Marc Lévy (vous me direz, c'est pas difficile, et vous aurez raison). Mais bon, il y a tellement de cons de personnes qui lisent Marc Lévy et Guillaume Musso que je préfère préciser (il y en a même qui lisent les 2, incroyable !).

Je ne pense pas que ce soit un grand écrivain, ou plutôt, je pense que c'est un grand, mais pas le plus grand. Il ne fait pas partie de mon panthéon des grands écrivains, si vous préférez. Et pourtant, je le trouve très bon (c'est vous dire où je place ceux que je place au-dessus de lui. Très très haut. En fait, ils sont hors concours. Des noms ? Non, pas aujourd'hui. Une autre fois peut-être, si vous êtes sage, et si vous parlez de moi (je veux dire de mon blog) à vos amis... et si vous me caressez dans le sens du poil... sinon vous irez vous faire voir, mes amis...).

Bon, j'en étais où ? Ah oui, Houellebecq. Parlons de son style. C'est à la fois son point fort et son point faible. On dit souvent qu'il n'a pas de style, que ce n'est pas un grand styliste. C'est vrai. Et c'est sans doute ça, son point faible. Pas d'effet de style, comme on dit. Ses phrases sont simples, trop peut-être. Sujet, verbe, complément. On pourrait dire que Houellebecq est un bon élève, appliqué. Qui connaît bien la grammaire. En ce qui le concerne, on pourrait parler d'un style administratif. D'une forme plate. Comme le titre de son 3e roman (Plateforme).

Et en même temps, cette absence de style, c'est ce qui fait sa force. C'est sa marque de fabrique. Il est le seul à écrire comme il écrit. Il donne l'impression d'écrire comme tout le monde, que ma concierge pourrait en faire autant, alors qu'en fait c'est beaucoup de travail. Ses phrases simples sont très travaillées. Ben oui. C'est connu. C'est difficile de faire simple, et facile de faire compliqué.

Parlons un peu du fond, aussi, si vous le voulez bien (seulement un peu, hein, on n'est pas sur France Culture, et je ne suis pas Jean-Louis Ezine (pour les ignares, sachez que M. Ezine est critique littéraire sur France Culture et au Masque et la Plume...)). Je dirais juste que selon moi Houellebecq est un écrivain du contenu. Je veux dire que ses livres sont assez érudits, il aborde des tas de sujets de société, il parle de sexe et de science (dans Les Particules élémentaires), de tourisme et de religion (dans Plateforme), du monde du travail (dans Plateforme il fait une description de 2 pages du groupe Aurore), il parle du monde actuel, à la manière d'un journaliste. Son écriture blanche, un peu distanciée, se prête très bien au mode journalistique, aux comptes-rendus. Ses romans ressemblent à des rapports de police, ou à des articles de presse. J'avais entendu une fois au Masque et la Plume (oui, c'est une émission qu'il m'arrive d'écouter, de la radio "intelligente" de temps en temps, ça fait pas de mal, ça me change de RMC), j'avais entendu qu'il faisait de "la sociologie avec la littérature". J'avais trouvé ça très juste. Voilà, Houellebecq, c'est un sociologue, limite un intellectuel (pas étonnant qu'il ait écrit un livre d'entretiens avec BHL). Il donne son avis, il émet des jugements. Jean d'Ormesson dit que c'est "un moraliste".

Il est aussi plus romantique qu'on ne le pense. Eh oui, il sait être cruel, méchant, implacable, mais il est aussi très romantique. Il y a du sexe, dans ses romans, mais aussi des histoires d'amour. Celle dans Plateforme entre Valérie et Michel est très belle, ils sont vraiment amoureux, il y a une pureté des sentiments.

Un truc encore que je veux dire. Ses livres sont très drôles. D'un bout à l'autre. Pratiquement, toutes ses phrases sont drôles (même quand il décrit un paysage, il est drôle ; ce qui est drôle, c'est sa manière clinique de décrire les choses, sa vision froide du monde, son style neutre). C'est un des rares et des seuls écrivains que quand tu le lis tu ris obligatoirement.

Pour vous donner une idée de l'humour houellebecquien, voici un passage à mourir de rire (dans Plateforme, son meilleur livre) :

"L'homme ressemblait un peu à Antoine Waechter jeune, si la chose est imaginable ; mais en plus châtain, et avec une barbe bien taillée ; finalement il ne ressemblait pas tellement à Antoine Waechter mais plutôt à Robin des Bois, avec cependant quelque chose de suisse, ou pour mieux dire de jurassien. Pour tout dire il ne ressemblait pas à grand-chose, mais il avait vraiment l'air d'un con."

Je ne connais pas beaucoup d'écrivains capables d'écrire des trucs aussi drôles. Houellebecq est le mec le plus drôle que je connaisse (c'est autrement plus drôle en tout cas que Stéphane Guillon, mais c'est normal, puisque Guillon n'est pas drôle).

Autre extrait (dans La possibilité d'une île) :

"...comme chaque matin une queue s'était formée pour les oeufs brouillés, dont les estivants semblaient particulièrement friands. A côté de moi, une vieille Anglaise (sèche, méchante, du genre à dépecer des renards pour décorer son living-room), qui s'était déjà largement servie d'oeufs, rafla sans hésiter les trois dernières saucisses garnissant le plat de métal. Il était onze heures moins cinq, c'était la fin du service du petit déjeuner, il paraissait impensable que le serveur apporte de nouvelles saucisses. L'Allemand qui faisait la queue derrière elle se figea sur place ; sa fourchette déjà tendue vers une saucisse s'immobilisa à mi-hauteur, le rouge de l'indignation emplit son visage. C'était un Allemand énorme, un colosse, plus de deux mètres, au moins cent cinquante kilos. J'ai cru un instant qu'il allait planter sa fourchette dans les yeux de l'octogénaire, ou la serrer par le cou et lui écraser la tête sur le distributeur de plats chauds."

Vous ne pouvez pas savoir le plaisir que j'ai eu à recopier ces deux extraits. Et pourtant ils sont longs. Je suis pas sûr que j'aurais pris autant de plaisir à recopier du Paulo Coelho ou du Umberto Eco.

Encore une remarque sur Houellebecq. J'aime bien sa tête. Son air chafouin. Il a le physique de l'emploi. Pour être un grand écrivain, il faut être moche (écrivain et beau, ça va pas bien ensemble ; je ne crois pas beaucoup au concept de l'écrivain-mannequin ; je trouve suspect par exemple un type comme Nicolas Fargues ; trop beau pour être un vrai).

Lisez-le donc (je parle de Houellebecq), mais écoutez aussi ses interviews. Il a une voix très douce, très apaisante. Il est très zen. Modiano aussi, dans le genre, est très agréable à écouter. Mais lui il ne finit jamais ses phrases... J'adore !

Allez, une dernière petite remarque sur Houellebecq, avant de vous laisser à vos tristes occupations : j'adore la façon dont il tient ses cigarettes...

 

Commentaires

Houellebecq, c'est pas mal mais vous, vous écrivez comme une merde ! Bon vent !

Écrit par : thérèse | 12/11/2010

merci, Thérèse !

Écrit par : marronnier | 12/11/2010

HOUELLEBECQ, ROI DES "CONCIERGES EN REVOLUTION"

Avec sa tête de pauvre type Houellebecq écrit des livres de pauvres types.

Auteur d'une littérature minable écrite pour des minables qui l'adulent, cette face d'avorton a la plume rase, le verbe bas, la pensée vile.

Houllebecq est le chantre des ratés. D'où son formidable succès.

Dans ses livres il a placé sans complexe le Dupont sur un trône -celui de l'insignifiance mais peu importe, un trône est un trône à ses yeux- revendiquant le droit de faire régner la loi du commun -pour ne pas dire du rien du tout- sur les étagères les plus prisées des bibliothèques. Au nom de son air d'abruti.

Chez Houellebecq les petits présentés comme des victimes de leur petitesse gagnent toujours du début à la fin : avec lui c'est la revanche des eaux troubles de la sexualité sur l'onde pure de l'esprit, le triomphe de la fosse des sentiments sur la verdure des sommets, la gloire du quotidien inepte sur l'intemporel vol de l'âme, la victoire des êtres médiocres et de leur oeuvres crasseuses sur les neiges éternelles de l'Art.

L'époque étant comme on le sait à la totale dégénérescence littéraire, Houllebecq est le plus fameux de ses représentants.

De ce déchet de notre civilisation en pleine dérive culturelle, on a fait une légende vivante.

Roi des Dupont auxquels il s'adresse, Houllebecq est un produit marketing performant, inusable, réutilisable à chaque rentrée littéraire ! Il suffit juste de changer l'emballage de ses bouquins chaque année. Bref, la gloire des éditeurs. Pardon, des vendeurs de papiers.

Houellebecq est un phénomène : chacune de ses apparitions télévisées est un événement.

Dès que passe sur les écrans plats de la France attablée sa tête molle de vieux puceau frustré et libidineux, il fait chavirer le coeur des ménagères monoparentales ménopausées, miroiter des jours encore plus tièdes aux concupiscents concierges constipés, espérer un sirop de bonheur pseudo littéraire toujours plus vil et fade aux minus malades, comme lui, de leur existence de nabot.
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Complément à l'article
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Pour rappel, voici ,un extrait de l'interview par Vignale (texte numéro 509) au sujet de la littérature :

Vignale - Quels sont les auteurs contemporains qui ont vos faveurs littéraires ? Houellebecq vous touche-t-il davantage qu’un Beigbeder, un Zeller ou un Moix ou bien vous ne lisez que les morts ?

Raphaël Zacharie de IZARRA - Je suis fièrement inculte. Vierge de bien des influences mais non point sans avis. Je connais les titres et les têtes des écrivains actuels, mais guère plus. Rares sont ceux qui ont su me plaire avec leurs mots. Je possède une intuition étrange : je sais reconnaître un auteur de valeur sans ouvrir un seul de ses livres, juste en lisant sur ses traits. Car la Littérature transparaît sans fard sur la face des auteurs dignes de ce nom. Sur leur front, moi je la vois dans sa vérité. La Littérature ne m’échappe pas.

J’ai l’oeil pour ces choses. Et lorsque je vérifie les écrits de l’auteur ainsi sondé, je constate que je ne me trompe jamais. Celui qui parle en auteur mais qui n’a pas l’éclat de la Littérature entre les deux yeux, je le sais avant même de lire sa première page.

J’estime sans l’avoir lu que Houellebecq, s’il possède effectivement quelque plume (pour avoir survolé de très loin une ou deux de ses pages, je n’ignore pas de quoi je parle) manque singulièrement de hauteur ne serait-ce que parce qu’il a commis l’impudeur de montrer sa face aux caméras de télévision. Trivialité impardonnable pour un auteur digne de ce nom.

http://izarralune.blogspot.com/2007/05/509-vignale-me-pose-dix-questions.html

Raphaël Zacharie de IZARRA

Écrit par : Raphaël Zacharie de IZARRA | 16/11/2010

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