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10/12/2010

Eric le Rouge

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Que Cantona ait retiré ou non son argent, ce n'est pas important. On s'en fout. Je m'en fous comme de mon premier flirt avec une Espagnole sur un banc du jardin des Tuileries par une belle nuit d'été 1983. D'autant que ce n'est pas lui qui a appelé à retirer l'argent des banques le 7 décembre. On a repris son idée et fixé la date du 7 (7 comme le maillot de Cantona à Manchester United). Le but de Cantona c'était de dénoncer le système, pas d'aller retirer l'argent de son compte. D'abord c'est impossible, on ne retire pas 750 000 euros en liquide comme ça (même avec une carte Gold). Ensuite, pour que ça marche, pour que les banques s'écroulent comme un château de cartes, il aurait fallu que tout le monde retire son argent au même moment. Or certains n'ont aucune envie de vider leur compte plein comme un oeuf. Ils auraient même plutôt envie de le remplir encore davantage si c'est possible, ou d'en ouvrir d'autres. Vider son compte, ça fait peur. Tout le monde n'est pas Nan Aurousseau qui se promène en permanence avec 12 000 euros en liquide sur lui (6000 euros dans chaque poche). Tout le monde n'est pas fan des liasses de billets. Les gens ont trop peur de se faire dépouiller par une bande de jeunes un soir dans une ruelle mal éclairée de Saint-Ouen ou de Corbeil-Essonnes.

Non, il voulait ouvrir un débat, lancer une polémique, dénoncer un système pourri jusqu'à la moelle, dénoncer les agissements des banques, la spéculation, les marchés financiers, les paradis fiscaux, et en ce sens c'est réussi.

Cantona n'est qu'un pion dans cette affaire. Il a servi de détonateur. Sa phrase est une bombe, une piqûre de rappel. Et pas un délire comme j'ai pu l'entendre ici ou là. Comme Eric Naulleau a pu le dire (j'aime bien Naulleau, mais des fois c'est lui qui délire). Sa déclaration avait un sens. Si elle avait été complètement farfelue, elle n'aurait pas fait autant de bruit. Elle n'aurait pas fait réagir Mme Lagarde et M. Baroin. Il a visé juste. Il a touché un point sensible.

Son mérite, c'est d'avoir tiré le signal d'alarme. Il a donné l'alerte comme quelqu'un appelle les pompiers pour signaler un incendie ou une explosion au gaz dans l'immeuble d'en face ou le studio de la voisine. Il a interpellé les responsables politiques. Il a décoiffé Christine Lagarde. Il a dénoncé les banquiers pyromanes. Ceux qui ont mis le feu à l'économie mondiale. Et qui continuent à jouer avec le feu comme si de rien n'était.

Il a jeté un pavé dans la mare financière. Il a pointé du doigt les requins de la finance. Il a désigné un coupable : les banques, et leurs pratiques douteuses. Leurs filiales dans les paradis fiscaux. Il nous a rappelé que les banques continuent à jouer au casino avec notre argent, à la roulette, au poker, contrairement à ce qu'elles ont essayé de nous faire gober.

Il est vrai que sa démarche peut paraître un peu faux-cul. Il est vrai qu'il n'a retiré que 1500 euros d'une agence BNP de la Somme avec sa carte Gold, pendant qu'au même moment, un homme chauve et fatigué de 52 ans ne pouvait même pas retirer 10 euros au Crédit Mutuel d'Enghien-les-Bains avec sa carte bleue. Il faut dire que lui les 1500 euros, il ne les gagne même pas en un an.

Il est vrai qu'il a tourné dans des publicités pour ramasser un maximum de pognon.

Mais sa révolte n'est pas feinte. Il a toujours été révolté. Il est toujours parti en guerre contre tout. Contre les joueurs, contre les supporters, contre les arbitres, contre les entraîneurs, contre la Fédération française de football, contre le pape, contre les journalistes. Et maintenant contre les banques. Milliardaire ou pas, Cantona est et restera un rebelle, un écorché vif. Au fond, le fric, il s'en fout. Il ne court pas après l'argent comme Zidane. Et puis on ne va quand même pas lui reprocher de s'intéresser aux pauvres, sous prétexte qu'il est pété de thunes ?

Cantona est un ancien footballeur communiste. Il a réussi dans un club riche mais populaire, dans une ville ouvrière, et non pas dans un de ces clubs huppés de Londres comme Chelsea ou Arsenal.

 

(Photo)

01:37 Écrit par marronnier dans Foot, Politique | Tags : éric cantona, banques, révolution, anarchisme | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour et merci de votre passage chez moi, je rends la politesse surtout que vous trouvez ma fille jolie..lol....
vous êtes un prince charmant ?parce que j'en cherche un, même d'occasion, pour cette jolie célibataire.....
rien à voir avec votre billet du jour ? je saais, je suis comme ça....
Bon, je reviendrai.

Écrit par : boutfil | 10/12/2010

Non, pas vraiment charmant, encore moins prince. N'empêche que je trouve votre fille charmante... Revenez quand vous voulez, avec ou sans elle...

Écrit par : marronnier | 10/12/2010

dis-moi, t as fumé la moquette ? :)

Écrit par : corto74 | 10/12/2010

non non, rien fumé, rien sniffé comme Delarue. C'est juste mon côté anar...

Écrit par : marronnier | 10/12/2010

Un pauvre à Enghien-les-Bains? Je n'y crois pas! ;)

Écrit par : El Camino | 10/12/2010

Et pourtant !

Écrit par : marronnier | 10/12/2010

@Corto
ben, pour dire que Cantonna est un footballeur communiste, devait y avoir quelque chose dans la moquette, et de chargé, si tu veux mon avis...
Tiens je vais l'ajouter dans mon reader, le marronnier...

Écrit par : l'hérétique | 11/12/2010

P.S en dehors des opinions exprimées sur Bayrou, j'aime plutôt bien le blogue, que je découvre...

Écrit par : l'hérétique | 11/12/2010

Ouais il est bien le marronnier et puis il est bien cet article et même que le titre est bien trouvé.

Écrit par : Vlad | 12/12/2010

Les commentaires sont fermés.