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04/01/2011

Dans la tête du fils de Bernard Mazières

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Cet enculé ne me donnait que 500 euros d'argent de poche. Mais aujourd'hui, qu'est-ce que tu veux faire avec 500 euros ? C'est pas avec ça que je pouvais aller en boîte, aux putes, me payer des jeans Calvin Klein, et m'acheter mes doses de cocaïne.

Je ne sais pas combien il gagnait exactement. Mais je sais qu'il avait un bon salaire d'enfoiré de journaliste qu'il était. Il était rédacteur en chef adjoint au Parisien. Ca gagne bien, un rédacteur en chef. En plus, il avait travaillé avant à L'Express, et à RMC. Alors il avait largement eu le temps de mettre de l'argent de côté. Cet enfoiré. De mettre de l'argent à l'ombre, comme on dit dans le milieu marseillais. Ce connard devait bien gagner dans les 4000 euros par mois, et il me filait 500 euros. C'était de la provocation pure et simple. Il voulait ma mort. Les putes du Baron, tu ne les emballes pas avec 500 euros. 500 euros, c'est le RMI. Si les RMistes pouvaient se payer des putes de luxe, ça se saurait.

J'avais essayé plusieurs fois de le raisonner. De lui expliquer qu'avec ce qu'il gagnait, il pouvait bien me filer plus d'argent. Pas 10 000 euros, quand même pas. Il travaillait pas à TF1. Mais au moins le double. Mais rien à faire. Il voulait pas raquer, ce con. J'avais beau lui expliquer que les temps sont durs, que la vie à Paris est chère, que tout a augmenté, qu'une bière dans un bar branché et design du VIIIe, c'est tout de suite 15 euros, il ne voulait rien savoir. On voit qu'il ne se droguait pas. S'il avait été cocaïnomane, il aurait eu une idée des prix du marché. La coke est chère. Demandez à Jean-Luc Delarue. Il croyait sans doute que la coke se négocie au prix de la farine. Il se mettait le doigt dans l'oeil, à défaut de mettre le nez dans la poudre.

J'ai tué mon père parce que je ne le supportais plus. Et pour lui extorquer de l'argent. C'est un crime crapuleux. S'il avait été plus généreux avec moi, je ne l'aurais sans doute pas tué. Il serait encore en vie. Il continuerait à aller au restaurant avec ses amis. En fait, ce n'est pas moi qui me suis chargé des basses oeuvres. J'ai demandé à un ami plus âgé connu des services de police de faire pression sur mon père pour lui soutirer de l'argent. Et de lui fracasser le crâne au passage. J'avais acheté la veille du crime un marteau au BHV. Mais ce n'est pas l'arme du crime. Greg lui a fracassé la tête avec une barre de fer. Mon père porte aussi la trace de deux coups de couteau à la gorge. Je suppose qu'il s'est rebiffé, et que Greg n'a pas eu d'autre choix que de le planter. Je suis arrivé après le carnage. On est repartis avec ses cartes de crédit et 300 euros en liquide. Au moins on l'a liquidé pour quelque chose...

J'aurais voulu faire croire à un crime de rôdeur, mais il n'y avait pas de traces d'effraction. On avait pourtant laissé la fenêtre du séjour ouverte, pour faire croire que le voleur était passé par là. Mais l'appartement est au troisième étage. Du coup la police à qui on ne la fait pas a écarté la piste du rôdeur, et privilégié la piste familiale. Les soupçons se sont portés sur les proches et la famille. Et donc sur moi. Au début, j'ai nié tout en bloc. Et puis finalement j'ai avoué être le commanditaire de ce crime horrible. Je n'ai pas dénoncé mon complice, mais ils n'ont pas eu de mal à retrouver sa trace, et à lui mettre la main dessus. Il s'est fait avoir comme un bleu. Ils l'ont alpagué un matin dans son appartement de banlieue où il vivait avec une mineure. Quand ils ont débarqué, il devait être au lit avec sa pouffe. Ils lui ont mis les menottes, et l'ont ramené au poste dans le panier à salade.

On ne tue pas son père à Noël. Mais vous êtes marrant, vous. Je ne m'entendais pas avec lui. Et j'avais besoin de fric.

 

Commentaires

Curieux ce délire que tu t'es fait ...
je serai bien interessé de savoir comment l'idée t'es venue

Écrit par : corto74 | 05/01/2011

Tout pareil que Corto, c'est très bon!

Écrit par : El Camino | 06/01/2011

Excellent article auquel je me suis permis de faire référence dans mon blog. En espérant que cela ne vous importune pas.

Écrit par : Janou | 07/01/2011

@janou non non, au contraire, faites comme chez vous...

@corto je sais pas moi. L'idée est venue d'un coup. Bang !

@el camino j'en referai des comme ça...

Écrit par : marronnier | 07/01/2011

Les commentaires sont fermés.