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25/09/2011

Et n'oublie pas de fermer la porte en partant

couple,kiraz

Ma décision est prise, je te quitte. Tu peux faire ta valise. Tu n'es plus ma compagne, je vais en trouver une autre. Une plus jolie que toi, ce qui ne sera pas difficile, car tu n'es pas loin s'en faut un prix de beauté. J'avais cédé à tes avances, car à l'époque je n'avais personne d'autre sous la main, et j'étais dans le besoin, aussi bien sur le plan affectif que sexuel. Je peux te le dire aujourd'hui.

- Je t'ai choisie par défaut.

De ton côté tu n'étais pas non plus très emballée. J'ai servi de bouche-trou. Si j'avais eu le choix, tu penses bien que j'aurais jeté mon dévolu sur quelqu'un d'autre. Tu n'es pas laide, mais tu n'es pas belle. De plus, tu as quarante-cinq ans, et tu n'es pas millionnaire.

- Qu'est-ce que tu me reproches au juste ?

Rien en particulier. Et un peu tout. J'aurais pu m'accommoder de ton intelligence moyenne, et de ta culture limitée. Je dirais même que ça faisait partie de ton charme, les intellectuelles ne m'attirent pas. Je n'ai rien contre les secrétaires. Au contraire, je dirais qu'elles ont plutôt tendance à m'exciter avec leurs lunettes et leur stylo à bille. Mais c'est le physique qui ne va pas. Tu as l'air en bon état, mais en te regardant de plus près, en t'examinant à la loupe, on découvre des bosses et des rayures qui feraient baisser ta cote sur le marché des femmes s'il existait. Tu es comme un studio dont il faudrait refaire les peintures et changer la moquette. Et ce n'est pas qu'une question d'âge. Il y a quelque chose qui cloche dans ton visage. On ressent un malaise en te regardant. Une gêne. Un peu comme quand on croise un infirme dans un fauteuil roulant. Ou quand un estropié s'assoit en face de vous dans le métro. Ou qu'on se retrouve seul dans un ascenseur avec un nain. Je me demande quelle en est la cause. C'est sûrement un détail physique. C'est peut-être ton nez, ou ton front trop haut ou l'alignement de tes dents. Ou la combinaison des trois. C'est peut-être la forme de tes oreilles, ou l'écart entre tes yeux. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y a un problème. Comme un défaut d'origine. Une malfaçon. Tu ressembles peut-être à ton père. Ou tes parents t'ont conçue dans la hâte, un matin avant de partir au travail. Tu es née en hiver. Ta mère a peut-être couché au printemps avec un étudiant qui s'y est mal pris, ou qui a éjaculé trop vite. Ou à côté.

- Tu es cruel.

- Non, je suis lucide.

Et furieux d'avoir gâché un an de ma vie avec toi. De plus, tu as voté une fois pour les Verts, tu es allée plusieurs fois à Disneyland avec ta soeur, et j'ai trouvé dans tes affaires la biographie d'un joueur de football. De plus, tu m'avais dit que tu habitais Paris, alors que tu habites Saint-Cloud. Je t'avais pourtant prévenue.

- Seules les Parisiennes m'excitent.

 

(dessin)

08:00 Écrit par marronnier dans Fiction, Littérature | Tags : couple, kiraz | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/09/2011

Monsavon au lait d'amande douce

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J'ai arrêté la drogue, mais je continue la télé. On ne peut pas se désintoxiquer en un mois, mais moi je l'ai fait. Deux semaines de cure, dans une clinique suisse, m'ont suffi. Je n'avais pas le temps de rester plus longtemps. Alors j'ai demandé un traitement spécial. On m'a placé à l'isolement, dans une chambre froide, obscure, au 6e sous-sol de la clinique, loin du bruit et de la fureur de la vie parisienne. On a confisqué mon portable, ainsi que mon oreillette. Ce placement avait aussi une vertu symbolique. Une manière de me dire que j'avais touché le fond, et que je ne pouvais que remonter. Ma remontée à la surface le jour de la sortie, a été chargée d'émotion. Elle m'a aidé à me convaincre que j'étais tiré d'affaire. Comme si j'avais réussi à sortir de l'enfer de la drogue. Après avoir sombré dans la nuit, je retrouvais le soleil.

Il fallait choisir entre la télé et la drogue. J'ai choisi la télé, car c'est une drogue moins dangereuse pour la santé. Que la coke. C'est une drogue douce comme un savon au lait. D'ailleurs, on pourrait dire que présenter une émission équivaut à fumer un joint. La lumière des spots grise autant qu'une bouffée d'herbe. Les deux donnent le vertige. Je préfère quand même la télé, car un joint n'a jamais rendu célèbre. Ce n'est pas parce que vous fumez qu'on vous reconnaît dans la rue. Et on n'achète pas une maison avec un joint. Ce n'est pas en fumant que vous gagnerez assez pour vous payer une villa à Biarritz ou un palais à Marrakech. Alors que la télé rend riche. Et célèbre.

- C'est comme le Nutella.

Quand on y a goûté, on ne peut plus s'en passer. On devient addict. On a besoin de sa dose quotidienne de noisettes. La télé m'a rendu fou. Il ne se passait pas un jour, une heure, une minute, sans que j'y pense. Ma boîte crânienne est un écran de télé qu'on peut allumer ou éteindre en appuyant sur un bouton. Je faisais mon footing au bois de Vincennes en sifflant les génériques de mes émissions et en criant les questions que j'allais poser le soir à mes invités. J'arrêtais les coureurs pour leur demander s'ils avaient vu l'émission de la veille. Je leur demandais de venir témoigner lors d'un prochain débat sur le divorce, alors qu'ils s'entendaient très bien avec leur femme. Ils avaient l'air joyeux, mais je leur proposais d'apporter leur témoignage sur la dépression. En fait, je voyais des témoins potentiels partout. Je demandais à mon boulanger s'il n'avait pas des tendances suicidaires, ou si sa femme n'avait pas déjà tenté de mettre fin à ses jours.

J'ai subi une cure de désintoxication pour la coke, mais pas pour la télé. Il est vrai que les centres pour soigner son addiction à la lumière des caméras, n'existent pas. Il y a des centres pour soigner sa dépendance à l'alcool ou au sexe. Il y en a même en Suisse pour les accros au chocolat et aux montres. Mais pas encore pour les drogués des jeux ou des caméras vidéo. Dans ces centres, il faudrait supprimer la télé et les consoles dans les chambres. Exactement comme on supprime le champagne dans les centres de désintoxication. Une clinique n'est pas un cabaret. Ou les horloges dans les centres de désintoxication à l'heure.

En fait, il existe un centre de soins pour les addicts de TF1 au Canada. Mais il fallait d'abord que je m'occupe de mon problème de cocaïne. Mon nez avait triplé de volume. Et je n'arrivais même plus à compter jusqu'à cent. Et puis je n'ai jamais travaillé sur TF1. C'est un centre pour Jean-Pierre Foucault, mais pas pour moi.

Moi il me faudrait un centre qui soigne les drogués de toutes les chaînes, car si je présente des émissions sur le service public, je travaille aussi sur des chaînes privées en tant que producteur. En fait, il faudrait un centre qui soigne toutes les addictions à la fois. Car je suis aussi un drogué du sexe, et un alcoolique notoire. Pour l'instant, je suis guéri de la coke. Il faut procéder par étapes. A chaque année suffit sa peine. L'année prochaine je soignerai mes problèmes d'alcool, et en particulier de whisky. L'année suivante ma dépendance au sexe et au crack. Et dans trois ans, mon addiction à la télé, et à la machine à café. Il faudra que je pense aussi à soigner mes pulsions criminelles, suicidaires, mes bouffées délirantes, et que j'arrête l'EPO. Si tout va bien, dans cinq ans, je serai un homme à peu près normal.

08:00 Écrit par marronnier dans Fiction, Télé | Tags : monsavon, drogue, cocaïne, france 2, tf1 | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19/08/2011

Ne pas jeter les Roms sur la voie publique

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Cet imbécile qui pleure parce qu'on a expulsé les Roms du dépotoir où ils avaient élu domicile au risque de polluer les alentours.

- Encore un défenseur des droits de l'homme.

Un responsable d'une association pour le droit au logement, le droit à la nourriture, le droit aux allocations, et j'en passe et des meilleurs. Et pourquoi pas le droit à pisser sur les pelouses pendant qu'il y est. Je suis d'accord avec lui. Ces gens ont tous les droits, y compris celui de quitter notre pays avec un coup de pied au cul. Je suis désolée, mais je n'ai pas le sens de l'hospitalité. Je ne reçois déjà pas ma belle-mère, ce n'est pas pour recevoir ces Romanichels.

Si vous êtes contre cette expulsion, que vous trouvez profondément choquante et particulièrement inhumaine, vous pouvez toujours les accueillir chez vous. Leur faire une grande place dans votre jardin. Les inviter à utiliser la douche, afin qu'ils sentent moins mauvais. Pour ma part, et même si je n'ai rien contre les Roms, ni d'ailleurs contre les Arabes, je n'ai pas envie qu'ils transforment mon jardin en porcherie. Et puis, je tiens à mes meubles. Je n'ai pas envie de rentrer un soir, et d'être obligée de m'asseoir par terre. De plus, je n'ai pas les moyens de me racheter une télé et une chaîne.

- Ils m'ont déjà volé des poules, alors pourquoi pas du matériel hi-fi.

Hier, à la caisse du Leclerc où je fais mes courses, il y avait un Gitan devant moi. Il a payé par chèque. Sûrement un chéquier volé, ou alors un chèque en bois. Pour une certaine population, on devrait exiger le paiement en liquide. Il y a toujours le risque que les billets soient faux, mais c'est peu probable. Car cet argent sera forcément le produit d'un vol. Ils l'auront piqué dans le sac d'une vieille, et les vieilles se baladent rarement avec des faux billets. On peut aussi leur interdire l'entrée du magasin. On interdit bien l'entrée aux animaux.

Je suis d'accord pour dire que l'expulsion ne sert à rien. Parce qu'ils vont revenir. On ne fait que les déplacer. Ils vont d'une déchetterie à une autre. On pourrait leur proposer de s'y installer définitivement. Ils seraient bien au milieu des ordures. Mais ils prendraient trop de place, et l'odeur serait encore plus insupportable. On ne peut même pas les balancer dans une benne avec les machines à laver, elles sont déjà pleines. En fait, il faudrait songer à une solution plus radicale, mais une fois qu'ils sont morts, qu'est-ce qu'on fait.

On ne peut pas les enterrer, aucun cimetière n'acceptera de les recevoir. Les jeter à la mer ? Ce serait prendre le risque de troubler l'écosystème et de polluer définitivement les fonds marins. Les brûler ? La fumée noire dégagée par la combustion des corps serait nocive pour l'environnement.

- On ne va pas se mettre les Verts à dos.

On pourrait les donner à bouffer aux requins. Mais il n'y en a pas sur les côtes françaises. Et puis rien ne dit qu'ils en feraient leur festin. Ils aiment la chair fraîche, ils leur trouveraient sans doute un goût bizarre. Ils les recracheraient après la première bouchée. Pour eux, rien ne vaut la viande blanche. Une bonne cuisse d'Américain, ou d'Australien. A mon avis, ils n'ont même pas touché à Ben Laden.

On ne peut même pas les vendre comme un joueur de foot, car ils n'ont aucune valeur marchande. Qui voudrait d'un gardien rom dans son équipe ? Qui voudrait d'un attaquant bohémien ? Non seulement il ne marquerait aucun but, mais en plus il volerait les tenues de ses coéquipiers dans les vestiaires.

Il va bien falloir trouver une solution. On n'a qu'à téléphoner à leurs parents. On téléphone bien aux parents quand leurs enfants ont volé dans un supermarché. Mais les Roumains ne voudront jamais venir les récupérer. Ils sont pourtant responsables de leurs déchets. C'est à eux de trier leurs ordures. Peut-être qu'en Roumanie ils n'ont pas encore entendu parler du tri sélectif. Qu'ils laissent traîner leurs poubelles n'importe où. Alors ils font pareil avec les Roms. Mais je suis désolée. La France n'est pas la poubelle de la Roumanie. Ni d'ailleurs les autres pays européens.

Vous trouvez que ma comparaison avec les ordures ménagères est un peu osée. Peut-être, mais je n'en ai pas trouvé d'autre. Vous jugez mes propos outranciers, et parfaitement dégueulasses. Vous n'êtes pas raciste comme moi.

- Comme mon père, mon grand-père, mon mari, et mes enfants.

Vous êtes un saint. Saint Pierre, saint Paul, saint Jean. Vous vous intéressez au sort des déshérités, et vous révoltez qu'on puisse encore dormir dehors et mourir de faim dans un pays comme la France au XXIe siècle. Mes propos vous dérangent comme la radio que votre voisin écoute à fond matin et soir. Vous voudriez me faire taire, me faire un procès. Vous n'aimez pas les jolies femmes qui crachent sur les sans-papiers. Vous estimez sans doute que la solution de la benne n'est pas la bonne, mais on y jette bien des frigos, des poussettes, des matelas, alors pourquoi pas des Roms.

- Les gens sont comme les objets, quand ils ne servent à rien, il faut s'en débarrasser.

 

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08:00 Écrit par marronnier dans Fiction, Société | Tags : roms, gitans, racisme, écologie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

03/08/2011

Vis ma vie d'animatrice télé

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Je suis une animatrice de télévision qui ne travaille plus beaucoup depuis quelques années. A une époque, j'étais en couple avec un animateur célèbre dont les émissions cartonnent encore aujourd'hui et font à chaque fois au moins 40% de parts de marché. C'est excitant un homme dont les émissions font de l'audience. L'audimat est plus important que la taille du sexe pour m'exciter. Plus son émission de la veille avait marché, plus grande était mon envie de baiser, et plus ferme était son érection. D'ailleurs si son émission avait fait moins de 30% de parts de marché, ce qui était rare, on ne baisait pas. J'étais d'autant plus excitée que mes émissions cartonnaient aussi. Mes courbes d'audience étaient phénoménales. Nous étions un des couples les plus people et les plus en vue de France. Notre mariage a fait la une de Paris Match. Si ma cote de popularité s'est effondrée depuis notre divorce, pour lui ça marche toujours aussi bien. Il a continué sur sa lancée, alors que moi j'ai mal négocié le virage, et je me suis retrouvée dans le décor. Il y a dans ma trajectoire quelque chose de la chute d'une idole. J'ai connu la gloire, j'ai été tout en haut de l'affiche, portée au pinacle, et puis je me suis ramassée. La chute a été brutale, et douloureuse.

Vous l'avez peut-être oublié, mais à l'époque j'étais la grande vedette de la télévision, je travaillais sur la plus grande chaîne, je faisais la une de tous les magazines. Alors qu'aujourd'hui je n'ai droit qu'à des articles de trois lignes dans la presse régionale, ou à une brève dans Télé Poche. Dernièrement j'ai eu droit à un encart dans le Nouvel Obs pour parler de mon livre en mal. Non seulement je ne fais plus la une de Télé Star, mais je ne suis plus que très rarement dans les pages intérieures de Télé Loisirs. Ma vie a été un conte de fées, aujourd'hui ce n'est pas un cauchemar, mais ça y ressemble.

- Aujourd'hui c'est Wendy Bouchard qui a le vent en poupe.

J'ai quand même réussi à rebondir en décrochant une ou deux émissions sur le câble, et depuis la rentrée dernière, j'ai une émission à la radio. Mais la traversée du désert a été longue. Pendant dix-huit mois, le téléphone n'a plus sonné. Quand on a fini par me proposer une émission sur Canal Jimmy, j'ai accepté. J'aurais accepté n'importe quoi. Même de présenter la matinale sur Sweet FM. J'étais si mal, que j'aurais accepté de présenter la météo sur Europe 1, ou une émission de télé-réalité sur NRJ 12. D'ailleurs, pendant deux mois, j'ai donné l'heure sur une radio belge. Je donnais l'heure à partir de sept heures et non stop jusqu'à midi. J'annonçais aussi les programmes. C'était mal payé, et très fatigant. J'ai tenu huit mois, et j'ai donné ma dem. Quand on a présenté des émissions sur une grande chaîne devant des millions de téléspectateurs, c'est difficile d'en être réduite à donner l'heure et à annoncer les programmes sur une radio locale belge même à une heure de grande écoute. Pour me retenir, le directeur de la station, Bises FM, m'a proposé une émission en début d'après-midi. Au programme, des jeux, des dédicaces et tous les tubes des années 70. Une émission conviviale de 14h à 16h à l'heure de la sieste.

- Une émission disco pour réveiller les débuts d'après-midi.

Je lui ai dit d'aller se faire voir, et quand il a essayé de me violer, je lui ai donné un coup de pied dans les couilles. Son émission, il pouvait se la garder et la proposer au ringard avec des rouflaquettes qui la présente depuis cinq ans. J'étais tombée bien bas, mais pas au point de passer des disques de Mike Brant. Par contre en mai 2009 j'ai remplacé Maryse ou Julie un matin sur Europe 1. Elle avait fait une chute sans gravité dans l'escalier de la maison de la Radio.

- J'ai bien cru que je ne reparlerais jamais dans un micro.

Bien sûr ce n'est pas le Pérou, mais j'ai une émission d'une heure sur France inter, à moins que ce soit sur RTL. En tout cas je parle dans un micro, et je me caresse à nouveau. J'ai de nouveau de bonnes vibrations. Je me sens mieux dans mon corps d'animatrice. Comme toutes les animatrices, j'ai besoin d'un micro. Mais il arrive toujours un moment où je finis par avoir envie d'une bite.

- Je recherche actuellement un animateur pour booster ma vie sexuelle.

Si possible un animateur de TF1, mais un de M6 ou de France 2 ferait aussi bien l'affaire. Je vis avec un réalisateur, mais à part un documentaire pour Arte et une pub pour un dentifrice, il n'a rien réalisé de probant depuis des années. On s'est rencontrés en 2008, alors que nous étions tous les deux au creux de la vague. On a essayé de remonter la pente du succès ensemble. Si pour moi l'horizon est en train de se dégager, pour lui il est toujours aussi bouché. Je vais donc le quitter, car je n'ai pas envie de traîner ce boulet toute ma vie. Je vais le quitter vendredi prochain, la veille d'un week-end que j'irai passer en Bretagne avec une copine pour m'aérer la tête. On ira sucer des Bretons dans un club échangiste. Ma vie sexuelle est en berne. Depuis que je vis avec cette loque. Les réalisateurs sont des hommes de l'ombre, or je ne jouis qu'avec des hommes qui brillent, qui sont dans la lumière. Je n'aurais pas pu coucher avec François Truffaut ou Claude Sautet. Mais je pourrais avec des acteurs dont les films font au moins un million d'entrées. Je ne parviens à l'orgasme que lumière allumée, je ne peux pas faire l'amour dans le noir. Avec Luc, j'ai toujours l'impression de faire l'amour dans le noir, même en plein jour. De toute façon on baise une fois par trimestre, le reste du temps on s'embrasse. Ca allait tant que j'étais au fond du trou. Mais depuis que j'ai retrouvé une émission j'ai de nouveau le feu au cul. Ce n'est qu'un feu de paille, car c'est une émission sur le câble. Mais depuis que j'ai aussi une émission quotidienne à la radio le feu se propage et devient de plus en plus menaçant. Les flammes sont de plus en plus hautes. Le feu s'intensifie à mesure qu'on annonce mon arrivée prochaine sur France 2. Ce n'est pas encore signé, mais je suis chaude comme la braise. Il va falloir que je me trouve rapidement un animateur pour m'éteindre.

Bien sûr je ne serai plus jamais la star que j'ai été, je ne vivrai plus avec un animateur de prime time. Les animateurs de début de soirée sur TF1, M6 le dimanche et même France 2, ne sont plus à ma portée. Mais j'ai encore une chance de choper un animateur de TF1. Par exemple un animateur de jeu, c'est possible. Un jeu de fin d'après-midi, qui ferait 35% de parts de marché. Je peux aussi espérer un présentateur de JT sur une chaîne d'info continue. Sinon il faudra faire avec un présentateur de Stade 2, voire, dans le pire des cas, de Tout le sport sur France 3.

Ma vie sexuelle n'aura plus le même goût, elle sera plus fade. Elle ne sera plus dopée par les bons chiffres de Médiamétrie. Je ne baiserai plus avec un roi de l'Audimat.

- Il faudra que j'apprenne à jouir avec un animateur de jeu.

Un type incapable de faire une grosse audience au moins une fois dans sa vie.

08:00 Écrit par marronnier dans Fiction, Télé | Tags : tf1, rtl, france 2, europe 1, couple, wendy bouchard | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |