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25/02/2011

Bleu de chauffe

sexualité

Je suis née à Périgueux. Je suis issue de la moyenne bourgeoisie. Mon père était médecin de campagne. Il allait de lit en lit pour soigner des grippes et des angines. Quand le malade était une malade, et qu'elle avait attrapé froid, il se glissait dans son lit pour la réchauffer. Il couchait avec elle pour augmenter la température du corps. Il ajoutait la fièvre à la fièvre, il soignait le mal par le mal.

Dans le Périgord, les femmes s'ennuient. Les veuves, les divorcées attendaient la venue du médecin avec impatience et excitation. Les libertines, les femmes de marin, les femmes seules, également. Elles s'inventaient des maladies, des douleurs. Parfois il était obligé de se déplacer au milieu de la nuit, abandonnant ma mère en plein coït comme on abandonne un match de tennis au milieu du deuxième set. Elles l'appelaient quand elles avaient la migraine. D'habitude c'est une excuse pour ne pas coucher avec son mari. Là c'était une excuse pour coucher avec son médecin.

J'ai fait des études de lettres, mais j'ai arrêté avant la licence pour embrasser une carrière de journaliste. J'ai commencé par prêcher la bonne parole au journal La Croix, où je m'occupais des questions de religion, puis à L'Express, où j'étais chargée de suivre la droite, sous l'oeil vigilant et implacable de Françoise Giroud, qui me demandait de ne pas lâcher Jacques Chirac d'une semelle, ce qui n'était pas évident, car à cette époque il carburait au super. Ensuite j'ai quitté la presse écrite, pour faire de la radio.

J'ai été tour à tour chef du service politique de France inter, France info, et de la première radio de France. Aujourd'hui je dirige la rédaction d'une radio chrétienne.

Je suis une bourgeoise coincée, mais je participe de temps à autre à des orgies où je suis la seule femme entourée d'une dizaine d'hommes. Noirs de préférence.

En dehors de ces rares moments d'évasion, où j'oublie qui je suis, d'où je viens, où je lâche prise, j'écris des livres sur Georges Pompidou, Jacques Chirac, ou Nicolas Sarkozy. J'ai même écrit un livre sur Philippe Douste-Blazy.

Mais je dois avouer que malgré mon amour de la politique, j'éprouve plus de plaisir à me faire sauter sur un chantier par des travailleurs immigrés bien membrés, qu'à rédiger un ouvrage sur Edouard Balladur ou réaliser une interview de Pierre Méhaignerie.

J'ai été la maîtresse d'un homme politique marié. Je l'ai connu dans les couloirs de l'Assemblée nationale. J'ai couché avec lui pour obtenir des informations exclusives. Comme tout journaliste qui se respecte, j'aurais fait n'importe quoi pour un scoop. Et puis il était bel homme. Je n'ai pas eu à me forcer.

J'ai peut-être été très amoureuse de lui, ou peut-être pas. Il me plaisait physiquement, mais ne me baisait pas aussi brutalement et profondément que les ouvriers en bleu de chauffe dont je suçais la bite dans des immeubles en construction. Que les stewards que je faisais reluire dans les toilettes de Roissy. Que les boxeurs que j'astiquais dans les vestiaires après l'entraînement.

En avril 1981, un mois avant l'élection de François Mitterrand, nous avons passé un week-end inoubliable dans un Relais & Chateaux sur les bords du lac Majeur. Nous prenions le thé au bord d'un étang aux nénuphars jaunes. Nous faisions l'amour dans le spa de l'hôtel.

Une année on a assisté ensemble aux 24 Heures du Mans. On avait réservé une chambre dans un petit hôtel du centre-ville. Nous n'avons pas quitté la chambre du dimanche 16 heures au lundi midi. On a fait les 24 heures du sexe.

Une autre fois on a assisté au Jumping International de La Baule. Je l'ai chevauché après la compétition dans une suite de l'hôtel Majestic avec le cri des mouettes et le bruit des vagues en fond sonore.

Je l'ai trompé une fois avec un député PS du Loiret. Même s'il était bel homme, je n'ai pas joui dans ses bras, car les socialistes ne me font pas jouir. Je ne suis qu'une bourgeoise attirée par les bourgeois. Je serais née dans une famille communiste, je me taperais des communistes. J'ai le coeur et le cul à droite.

Si malgré mon éducation catholique j'accepte la double pénétration, si je baise avec des hommes de couleur dans des parkings, des caves, si j'avale leur sperme, c'est peut-être pour échapper à mon destin de bourgeoise coincée du cul. Je participe à des orgies pour transgresser un interdit, je suce des ouvriers pour échapper à ma condition.

- J'ai une voix de baryton.

Elle me joue des tours. A mes débuts à la radio, on me prenait pour un homme. De plus, je m'appelle Dominique, ce qui ajoutait à la confusion. Je suis pourtant une belle femme, mais je n'ai pas les traits fins, et je suis grande. (...) Avec ma mâchoire carrée et mes épaules larges, je ressemble à une nageuse est-allemande.

Je plais aux lesbiennes. Un jour, à l'issue d'une interview chez elle pour son roman Garçon manqué, Nina Bouraoui s'est ruée sur moi comme une furie et m'a embrassée sur la bouche. Si je n'étais pas partie en courant, elle m'aurait violée.

Quand j'attends le bus en hiver du côté de la porte de Saint-Cloud avec mon manteau de fourrure, les voitures ralentissent, et les conducteurs me dévisagent.

Je plais aux hommes qui aiment les travestis.

- Et les putes du Bois de Boulogne.

 

22/02/2011

La crêpe Marilyn

marilyn monroe

Je suis blonde, petite, et je m'appelle Marilyne. On me compare souvent à l'ex-fiancée de ce président américain dont j'ai oublié le nom. Pourtant, je n'ai rien à voir avec elle. Je suis caissière, pas actrice. Je travaille à Intermarché, pas à Hollywood. Je n'ai jamais mis les pieds à Los Angeles, ni même aux USA, pays dont je me fous royalement et qui ne m'a jamais fait rêver contrairement à la plupart des gens qui peuplent cette terre et rêvent tous de voir New York ou Chicago au moins une fois dans leur vie. Je ne parle pas anglais. Je ne suis pas américaine. Quant au cinéma, je n'y vais jamais. A 15 euros la place, non merci. Je n'aime pas le cinéma, et encore moins le cinéma américain. (...) Je préfère me saouler au bistrot du coin. Que rester une heure et demie dans une salle obscure à subir des images et des dialogues inintéressants. Je ne suis pas cultivée, mais je lis madame Figaro. Je suis issue d'une famille modeste. Mon père est illettré, il n'a jamais ouvert un livre de sa vie, n'est jamais entré dans une librairie. Il ne sait même pas qui est Proust. Il croit que les librairies sont réservées aux étudiants et aux profs. Il croit que Corneille est un chanteur. Il préfère les films. Les images, c'est moins fatigant. L'année dernière, il a ouvert une crêperie en Bretagne. Chaque crêpe porte le nom d'une actrice américaine. Il y a la crêpe Marilyn, la crêpe Jessica. La crêpe Audrey. Les clients en redemandent. Faut pas trop leur en demander. Une crêpe au sucre, et ils sont contents.

Il m'a appelée Marilyne à cause de Marilyn Monroe. Si cette pouf n'avait jamais existé, je m'appellerais peut-être Sophie, ou Sonia. J'aurais préféré qu'il me donne un autre prénom. J'en ai assez d'être comparée à cette pouf.

Ma mère est une actrice ratée. Sa filmographie est presque vide. Elle tient en deux lignes. Sa carrière théâtrale est plus fournie, mais elle n'a jamais obtenu la moindre récompense, le moindre Molière. Elle n'a jamais gagné un César. Elle n'a même jamais été nominée. Elle a joué des bouts de rôle, des morceaux d'histoire. Dans Le Deuxième souffle, d'Alain Corneau, elle disait "merci" à Daniel Auteuil qui lui tenait la porte dans le métro. Mais la scène a été coupée au montage. Elle devait jouer dans L'Eté meurtrier, mais au dernier moment on lui a préféré Isabelle Adjani jugée plus jeune et surtout plus belle. Elle a joué dans Maigret et la femme assassinée. On la retrouve morte dans un buisson au début de l'épisode. Mais comme il n'y a aucun flashback, on ne la revoit pas. Ma mère a la poisse. Mon père n'a pas misé sur le bon cheval. Ou plutôt sur la bonne jument. Il croyait épouser une actrice, il se retrouve avec une figurante. (...) Elle est tellement anonyme qu'elle ne figure même pas dans l'annuaire.

Moi qui n'aime pas plus le cinéma que le tricot, le tricot ça va bien cinq minutes, je suis bien tombée avec ces deux-là. Entre un père cinéphile et une mère figurante, il était impossible d'y échapper. J'étais destinée à m'appeler Marilyne. C'était mon destin. Toute ma vie on me parlerait de cette blonde qui a couché avec tout Hollywood, baisé avec la terre entière. Il n'y a que le tram de Strasbourg qui n'est pas passé dessus. Je n'ai pas envie d'être comparée à cette salope. Je passe pour une fille facile, alors que je ne couche pas le premier soir. Sauf si j'ai trop bu comme Véronique Sanson à une période de sa vie.

Cette fille n'est pas un exemple, encore moins un modèle. Je n'envie pas cette starlette dont la vie s'est terminée tragiquement. Je préfère ma vie paisible en Picardie à sa vie dissolue en Californie. On ne devrait jamais appeler sa fille Marilyn. C'est un prénom trop lourd à porter. On le traîne comme un boulet. Tout de suite on est catalogué, comparé à cette étoile filante, montante, qui a brûlé sa vie par les deux bouts. Elle a vécu la vie brève des moustiques, des mouches.

Moi j'aurai une vie ratée, mais longue. Je ne serai jamais une légende vivante, je ne coucherai jamais avec Kennedy, et je m'en fous. Je n'ai aucune envie de coucher avec Sarkozy dont je n'aime pas les cheveux en brosse et la petite taille. Je le laisse à Carla. Et je n'épouserai pas le directeur du bowling de Quimper qui me tourne autour comme un vautour depuis un an. Il s'appelle Julien Moreau. Et je n'ai aucune envie de m'appeler Marilyne Moreau.

 

08:30 Écrit par marronnier dans Fiction, Littérature | Tags : marilyn monroe, cinéma, hollywood | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/02/2011

Le room service a baissé

isabelle adjani

Je n'ai pas toujours vendu des sacs en cuir à une clientèle aisée dans un magasin des Champs-Elysées. Avant d'être vendeuse chez Vuitton, j'étais domestique au Carlton. Un palace de Cannes que les cinéphiles connaissent bien et qui affiche complet au mois de mai. J'étais mieux payée qu'une femme de ménage ordinaire. Mais c'était du travail. Il fallait que ça brille. La moindre trace de poussière, la moindre tache suspecte, m'aurait valu un renvoi immédiat. J'aurais eu droit à mon chèque et à un coup de pied au cul. Ils m'auraient virée comme une malpropre, ces sales cons.

Mais j'ai eu une promotion canapé. Je suis devenue femme de chambre, puis gouvernante. J'ai changé l'équipe. J'ai engagé des ménagères de moins de cinquante ans. J'ai viré les bonnes espagnoles, dépassées par les éponges dernier cri, et embauché à la place des Chinoises. (...)

Le travail n'était pas toujours bien fait. Je leur demandais de refaire le lit. De repasser un coup de chiffon dans les coins. Je les giflais quand un tableau n'était pas droit. Quand, sur la glace, il restait une trace de doigt. Une goutte de sperme sur la moquette. Je les enfermais dans le coffre de ma voiture. Vu le prix des chambres, on ne peut pas ne pas vider les cendriers. (...) Et on ne laisse pas des capotes usagées dans la corbeille de la salle de bains. De même, on nettoie la cuvette des wc.

Nous avons reçu Isabelle Adjani pendant le Festival. Elle voulait des tulipes dans sa chambre. Je lui ai dit d'aller se les acheter elle-même, ses tulipes. Elle m'a regardée avec ses yeux bleus.

- Ne me regardez pas comme ça. Voici l'adresse d'un fleuriste à côté de l'hôtel. Il sera flatté de votre visite, il vous offrira peut-être une fleur si vous lui achetez une centaine de roses. Et ne me demandez pas de vous monter une coupe de champagne à quatre heures du matin, la réponse sera non. Vu la conjoncture, nous réduisons nos dépenses. Notre budget "caprices de stars" a été réduit de moitié. Le room service a baissé. La nuit maintenant, c'est service minimum. On peut vous monter une aspirine et un verre d'eau, si vous avez mal à la tête. Mais c'est tout. Le service en chambre reprend à 7h30 avec le petit déjeuner. Baguette, beurre, confitures, café. Pour les croissants, il faut payer un supplément. Pour le champagne, il faut attendre 11 heures. Si vous avez soif en pleine nuit, vous buvez l'eau du robinet. Ou vous piochez dans le mini-bar. Fini la rigolade. La fête est finie. On est entrés dans l'ère de l'eau plate. L'eau gazeuse a remplacé le champagne. Les palaces se serrent la ceinture. Aujourd'hui, la star, elle veut des roses, elle s'achète ses roses. Pas ça qui va la ruiner.

- Mais le prix des chambres n'a pas baissé.

- C'est normal, les lits n'ont pas changé. Bonsoir, madame Adjani.

 

(photo)

16/02/2011

Boulevard Suchet

couple,argent,série noire

Je n'ai pas le courage de te quitter. J'ai peur que tu fasses une bêtise. Je tiens à toi.

- Tu parles. Tout ce qui t'intéresse, c'est l'argent de mon père dont je dois hériter à sa mort, tu lorgnes sur son immense fortune personnelle, qu'il a mis une vie entière à bâtir. Tu voudrais qu'elle te revienne de droit, sans avoir à lever le petit doigt, comme si tu étais son fils légitime, son principal héritier. Tu voudrais ramasser le pactole, la mise. Tu t'es dit qu'en épousant sa fille tu toucherais ta part du gâteau. Or mon père ne t'aime pas. Il ne peut pas te sacquer. Il a sans doute deviné quel affreux jojo tu es. Si je t'épousais, il me renierait, je ne serais plus sa fille. Ca m'est égal. Pour toi je suis prête à renoncer à mon argent, par amour pour toi je suis prête à devenir pauvre.

- Je t'aime, mais je te préfère riche que pauvre.

- Tu es né dans une famille pauvre de Lens, tu es obsédé par l'argent dont tu as toujours manqué. Vous ne partiez jamais en vacances, la première fois que tu as vu la mer, tu avais trente-deux ans. Et tu as découvert la montagne l'année dernière, à Courchevel, où mon père possède un magnifique chalet en bois de 650 m2 dont tu me parles encore avec des trémolos dans la voix...

- Oui, il y a trois salles de bain.

- Tu n'es qu'un pauvre idiot, qui croit que l'argent fait le bonheur. Or les gens qui ont de l'argent ne sont pas plus heureux. Sinon les stars ne se suicideraient pas. Or Dalida s'est tirée une balle dans la tête.

- Elle a avalé des barbituriques.

- Oui, mais le résultat est le même.

Tu m'aimes pour mon argent, et alors, il faut bien que tu m'aimes pour quelque chose. Tu pourrais m'aimer pour mon cul, ou mon QI. Hélas, je ne suis ni Brigitte Lahaie, ni Simone de Beauvoir. Le pire serait qu'en plus d'être moche et conne, je sois pauvre. Ce serait le pompon. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un père milliardaire. Mon cul n'est peut-être pas fantastique, mais il a une grande valeur. Mon cul est un petit bijou. Il est coté en Bourse comme une action. Tu as investi sur lui comme on investit dans la pierre. Pour toi c'est un placement à long terme. Tu joues avec mon cul comme on joue à la roulette. Pour toi mon cul n'est rien de plus qu'une machine à sous.

- Je reconnais que les apparences sont contre moi, que mes origines sociales ne jouent pas en ma faveur. Pourtant, je te jure que ton argent ne m'intéresse pas. La preuve, je te quitte. Je te quitte toi et tes millions. Des filles riches, il y en a d'autres. Tu n'es pas la seule riche héritière sur cette terre. J'en trouverai bien une autre, plus riche que toi.

- Méfie-toi, toutes ces filles riches ne t'accorderont pas une minute de leur temps précieux, elles t'ignoreront, et si tu insistes, si tu te montres trop pressant avec elles, elles t'enverront leurs gorilles qui te réduiront en poussière, qui te fracasseront la tête contre le portail en fer de leur villa perchée sur les hauteurs de Menton.

Crois-moi, tu n'as rien à gagner dans cette affaire, à part des coups, des plaies béantes, et des futures cicatrices. Et puis, qu'est-ce que tu crois ? On ne rencontre pas des filles riches à chaque coin de rue. Tu ne vas pas en croiser une tous les dix mètres.

- J'irai avenue Montaigne.

- Va avenue Montaigne si ça t'amuse. Tu n'y croiseras pas d'héritières, mais des épouses de millionnaires. Ou alors des héritières ridicules, qui ont hérité de la quincaillerie de leurs parents. Des actrices, des femmes d'affaires, mais aussi des Chinoises venues acheter des sacs Vuitton. Je te vois mal emballer une actrice. Tu n'es pas assez connu, et assez beau. Tu ne parles pas chinois, et les femmes d'affaires te prendront pour un des portiers du Plaza Athénée.

- Les épouses de millionnaires s'ennuient.

Tu n'obtiendrais d'elles que des sommes ridicules, quelques centimes pour t'acheter du pain. (...) Elles t'offriront des pourboires, un repas chez Lipp. Ce n'est pas avec ça que tu t'achèteras une villa à Ibiza.

- Il y a des épouses généreuses.

Elles payeront cher pour que tu leur fasses l'amour de cinq à sept dans un love hotel, mais elles ne te lègueront pas une fortune qu'elles n'ont pas. Elles te traiteront comme un vulgaire gigolo, un gigolo de luxe peut-être, mais un gigolo quand même. Qu'elles sonneront quand elles auront envie d'un cours de gymnastique.

Moi j'ai bien plus à t'offrir qu'un billet de 500 euros. Moi je t'offre un chalet à Courchevel, une maison avec piscine à Cannes, un mas provençal, et une Porsche Carrera turbo avec intérieur cuir et toit ouvrant.

- En effet, c'est tentant. Mais ton père ne veut pas du mariage.

- On pourrait l'assassiner. Il n'aura pas supporté la mort de sa femme écrasée par un poids lourd il y a six mois en traversant le boulevard Suchet, et se sera donné la mort d'un coup de fusil dans la gorge.

 

(Photo)

07:30 Écrit par marronnier dans Fiction, Littérature | Tags : couple, argent, meurtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |