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20/02/2011

La Jaguar d'Anne Sinclair

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Quand un livre comparait le couple Hollande-Royal au couple Strauss-Kahn-Sinclair... Ca se lit comme un roman, ça se déguste comme un cake aux amandes...

"Du temps où "Dominique" sympathisait encore avec "François", les deux couples ne se fréquentaient pas. S'ils ont dîné trois ou quatre fois ensemble, c'est bien tout. Ils appartiennent, c'est vrai, à la même génération, mais pas tout à fait au même milieu. "Strauss" et surtout son épouse, la journaliste Anne Sinclair, sont riches. Ils se sont rencontrés sur le tard - deuxième mariage pour elle, troisième pour lui - et vivent sur un grand pied à la tête d'une famille recomposée de six enfants. L'appartement parisien qu'ils occupent, le riad luxueux qu'ils possèdent à Marrakech leur valent d'incarner la "gauche caviar", cette formule lapidaire inventée dans les années 80. Anne entretient avec l'argent un rapport décomplexé et parfois maladroit.

Ségolène, arrivant à la gare de Poitiers le dimanche du premier tour, peut traverser plusieurs wagons pour descendre devant les caméras d'une voiture de seconde classe alors qu'elle vient de voyager en première. Anne Sinclair, pendant la campagne interne au PS, se rendait en Jaguar à la rencontre de la presse pour vanter les qualités d'homme de gauche de son mari...

C'est d'ailleurs elle qui, avec une partie des 1,86 million d'euros d'indemnités de licenciement obtenues de TF1 devant les prud'hommes, et une part de l'héritage de son grand-père, Paul Rosenberg - un grand marchand d'art de l'entre-deux-guerres -, a doté l'équipe DSK des quelques outils qui font les présidentiables : bureaux au coeur de Paris, sites Internet et enquêtes d'opinion. Elle le soutient sans faille, en véritable groupie, certaine de lui apporter sa vision de cette France profonde qu'elle appelle, en star du petit écran, le "grand public".

Ségolène, elle, parle du "peuple". Il y a comme une incompatibilité sociale et psychologique entre les deux couples, entre les deux femmes - Anne, son enfance américaine, ses bijoux et ses tenues haute couture ; Ségolène, son côté "tradi" et économe de fille d'officier... (...) Ségolène a toujours entendu François évoquer d'un air pincé ces strauss-kahniens qui naviguent entre la pub et les milieux d'affaires, "sans scrupules et capables de tous les mauvais coups"."

La femme fatale, de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, Albin Michel.

 

N.B. : Il faudrait arrêter de parler de DSK. Il faudrait parler du couple SKS, tant leur destin semble mêlé, leur volonté de conquérir ensemble le palais de l'Elysée grande.

SKS à l'Elysée, ce serait l'avènement de la gauche foie gras au plus haut sommet de l'Etat. On y donnerait en permanence de grandes réceptions où le champagne coulerait à flots...

 

25/01/2011

Billet antisémite

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Ca ne se voit peut-être pas sur leur nez, mais ils sont partout. Dans les médias, dans le cinéma, dans la banque. Et dans la politique. Ils ne sont pas les plus nombreux, mais les plus influents. Ils trustent tous les bons postes, toutes les places. Tapez le nom d'un homme politique sur Google, ce qui vient en premier c'est le nom suivi de juif. Copé juif, Pierre Moscovici juif, François Hollande juif, Laurent Fabius juif... Tapez le nom d'un acteur ou d'un comique, et vous aurez son nom suivi de juif. Gilles Lellouche juif, Arthur juif, Gad Elmaleh juif, Elie Semoun juif, et j'en passe et des meilleurs (en revanche, Pierre Palmade est goy, né à Mimbaste, dans les Landes - à noter qu'il est également gay).

Et je ne parle pas des producteurs de films ou de musique : Thomas Langmann, Valéry Zeitoun, André Manoukian... Que des juifs.

A la télé, la juiverie est pas mal représentée. Jean-Luc Reichmann, Cyril Hanouna, Michel Drucker, et chez les filles, Valérie Benaïm. A croire qu'il faut être juif pour faire de la télé. La radio n'est pas en reste avec Claude Askolovitch et Michel Field sur Europe 1 et Patrick Cohen sur France inter.

Les cinéastes ne sont pas tous juifs, mais il y a quand même Zabou Breitman et Woody Allen.

Non, le lobby juif est à l'oeuvre. Qui distribue les postes dans ce pays ? Alain Minc. Qui a la main mise sur le monde de l'édition ? BHL. Qui philosophe ? André Glucksmann, Pascal Bruckner.

Quand je vous dis que le lobby juif est à l'oeuvre. L'affaire Céline en est la preuve éclatante. Il a suffi d'un mot, un seul, de Serge Klarsfeld, pour que le gouvernement français s'écrase, et écarte Céline l'antisémite des célébrations de l'année 2011. Il a suffi que Serge Klarsfeld claque des doigts pour que Mitterrand claque des dents et raye Céline de nos mémoires. Parce que Klarsfeld n'aurait rien dit, Céline serait toujours sur la liste, aux côtés de Blaise Cendrars et d'Hervé Bazin.

Ils sont partout, je vous dis, même là où on ne les attend pas. Tenez, je me demande si l'abbé de La Morandais ne serait pas juif, par hasard. Et Henri Leconte ? Non, faut que j'arrête là. Je deviens fou. Je vois des juifs partout...

(et Michel Boujenah, il est pas juif peut-être ?)

 

23/01/2011

Si on ne célèbre pas Céline, on célèbre qui ? Hervé Guibert ?

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On n'achète pas un livre parce que c'est un prix Goncourt. On ne commémore pas Céline, on le lit. Et si on célèbre les 50 ans de sa mort, ce n'est pas pour ses opinions politiques, c'est pour son génie littéraire. C'est donc à un débat littéraire, s'il y a débat, que nous sommes conviés, et non à un débat politique. Serge Klarsfeld n'a donc rien à dire, qu'il se taise, il n'a pas voix au chapitre. On peut être contre cette commémoration, mais pour des raisons littéraires. On peut penser que Céline n'est pas un grand écrivain, et donc contester cette commémoration en fonction de critères purement littéraires. C'est un débat entre critiques littéraires. Entre Jean-Louis Ezine (Nouvel Obs) et Arnaud Viviant. Entre Nelly Kapriélian (les Inrocks) et Frédéric Beigbeder. Entre écrivains aussi. Entre Patrick Besson et Philippe Sollers, Christine Angot et Richard Millet,Yann Moix et Olivier Adam. C'est un débat entre spécialistes, ou amateurs éclairés. C'est une querelle d'experts, une prise de tête littéraire, une guerre des mots.

Serge Klarsfeld se trompe d'émission. On n'est pas à L'Heure de vérité, mais à Apostrophes. On n'est pas au Grand Jury RTL-Le Monde, mais au Masque et la Plume. Ce n'est pas François-Henri de Virieu qui pose les questions, mais Bernard Pivot. On parle ici littérature. On reçoit et on célèbre un écrivain. On juge son oeuvre littéraire. Et une oeuvre littéraire ne se juge pas sur des critères moraux ou politiques. Mais sur des critères esthétiques. Il aurait donc fallu consulter des écrivains, des critiques, pas un avocat. Je ne vois vraiment pas ce qu'il vient faire là-dedans, le père Klarsfeld. Moi je suis désolé, mais quand je lis Céline, je ne pense pas aux Juifs. Je lis des phrases qui me plaisent, qui me dégoûtent, qui me pètent à la gueule comme une grenade. Ses phrases me font bander. On reconnaît un bon texte au degré d'excitation qu'il provoque en vous. Les grands romans sont tous des romans érotiques. Je prends un plaisir physique à lire Voyage au bout de la nuit. Mort à crédit. Bagatelles pour un massacre. Quand je lis Marc Dugain, je bande mou.

On peut ne pas aimer le style de Céline. On peut le trouver un peu trop familier. Un peu trop direct. On peut préférer le style plus classique, plus alambiqué de Proust avec ses phrases qui n'en finissent pas. On peut préférer les salons proustiens aux trottoirs céliniens. Le monde de strass et de paillettes de Proust à l'univers puant et crasseux de Céline.

On peut trouver qu'il écrit mal, que c'est un écrivain de seconde zone, de banlieue, qui ne mérite pas de figurer dans la cour des grands.

Parce que c'est ça la question : est-ce un écrivain capital, majeur, majuscule, ou un auteur mineur, minable, minuscule ?

Qu'il soit antisémite est secondaire. On peut être un grand raciste et un grand écrivain. Céline serait le pire des salauds, des dictateurs, que cela n'enlèverait rien à son génie littéraire, à la qualité de ses textes.

Oui, Céline est un pourri, une ordure, un monstre. Mais tous les génies sont des monstres. Alors à ce moment-là, on arrête de célébrer les génies, et on célèbre les nuls. On célèbre Marc Lévy.

 

15/01/2011

Eric Zemmour, le professionnel

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Eric Zemmour est le meilleur journaliste de sa génération. Le meilleur d'entre nous, dirait Chirac. Le plus cultivé. Le plus doué. Le plus fort techniquement. C'est le Zidane du journalisme politique. A chaque fois, dans Ca se dispute, il met la pâtée à Nicolas Domenach, qui n'est pourtant pas une pompe. Il est plus fort que Naulleau, et pourtant Naulleau est fort. C'est d'ailleurs paradoxal de voir ce gringalet envoyer tout le monde au tapis. Je ne vois que Finkielkraut qui pourrait lui poser des problèmes. Mais cela n'arrivera pas. Il est du même camp que lui. Il y a des imbéciles qui se croient assez malins pour le défier. Mais ils n'ont pas le bagage technique pour rivaliser avec lui. Ils ne font pas le poids. Zemmour est un poids plume dont les poids lourds devraient se méfier comme de la peste. Il en a trop sous le capot. Je crois même qu'il se retient. Il en garde sous le coude. Un peu comme un joueur de tennis qui laisse un jeu à son adversaire pour ne pas l'humilier complètement. Zemmour est une Porsche avec un moteur bridé. Comparé à lui, Yves Thréard est une 2CV, et Askolovitch une Méhari.

Malgré ses 62 kilos tout mouillés, Zemmour est courageux. Il n'a pas peur de dire la vérité. Il est là pour dire ce que les autres n'osent pas dire. Ses avis tranchés tombent comme un couperet. Il guillotine le politiquement correct.

"Mes propos sont brutaux, mais la réalité est brutale."

Il dit la vérité, même et surtout si celle-ci est difficile à entendre. Il met le doigt là où ça fait mal. Il n'épargne rien ni personne. L'islam ? "Un code impérieux qui ne peut que se cogner au code civil napoléonien." Comme dit la pub, nous n'avons pas les mêmes valeurs. Eva Joly ? "Elle n'a pas le sens du tempo : il y a quelques jours encore, elle n'hésitait pas à cracher sur la tombe encore chaude de Claude Chabrol, dont elle n'avait pas apprécié le film sur l'affaire qui l'avait rendue célèbre." Le voile ? "C'est le refus de la civilisation française." En juin 2009, quand Rama Yade est devenue secrétaire d'Etat aux Sports : "Si elle n'avait pas été une femme, si elle n'était pas noire, si elle n'était pas très haut dans les sondages, elle ne serait plus là."

Le pire avec Zemmour, c'est qu'il a toujours raison. Mais en France il vaut mieux avoir tort avec Sartre, que raison avec Aron. EZ n'est pas communiste, pas trotskiste, pas marxiste. Ca fait beaucoup de pas. Si encore il était socialiste. Mais non. N'étant pas socialiste, il est raciste. Car en France qui n'est pas socialiste est raciste. Qui n'est pas proche de Martine est proche de Marine. Qui n'est pas bobo est facho. 

EZ est un journaliste qui se bat contre la pensée unique.

En Corée du Nord, il serait en prison, ou au cimetière. En France, on cherche à le faire taire. On veut le censurer. Le CRAN a fait pression sur ses employeurs pour qu'on le vire.

On le condamne pour ses propos sur les Noirs et les Arabes. "La plupart des trafiquants sont noirs et arabes." Qu'est-ce que ça aurait été s'il avait dit "tous les trafiquants sont noirs et arabes". On l'aurait envoyé directement en prison. Et s'il avait dit "tous les Noirs et Arabes sont des trafiquants" ? On l'aurait pendu.

Et si ce procès était une intimidation ? Une menace ? Un dernier avertissement ? Je serais Zemmour, je regarderais où je mets les pieds. Je ne me mettrais pas au bord du quai pour attendre le métro. Je vérifierais que personne ne me suit dans la rue. Un accident est si vite arrivé.

Pour l'instant, avec Sarkozy à l'Elysée, il ne craint trop rien. Mais si la gauche revient au pouvoir en 2012, là il pourrait avoir des problèmes. On pourrait décider en haut lieu de le faire taire définitivement.

Il pourrait finir comme Joss Beaumont dans "Le Professionnel"...