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31/01/2012

La Suicidée

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Qu'est-ce qui a pu pousser la femme riche, encore jeune, d'un ministre en vue d'un gouvernement d'un grand pays comme la France, issue d'une grande famille alsacienne, descendante de Louis Frédéric Achille Le Bel propriétaire des mines d'asphalte de Pechelbronn au XIXe siècle, qui vivait à Boulogne-Billancourt dans un bel appartement avec son ministre de mari et ses quatre beaux enfants sages, en bonne santé, bons élèves, dont les parents vivaient encore, une Alsacienne bien née solide physiquement et mentalement, à se pendre un dimanche matin à l'heure de la messe au lustre du salon de son appartement moderne avec terrasse dont les peintures venaient tout juste d'être refaites ?

Elle avait moins de raison objective de se suicider qu'un salarié de France Télécom, un ouvrier licencié, ou une adolescente anorexique. Ma mère m'a dit qu'elle avait peut-être un cancer, une maladie grave. Peut-être. Mais si tous les cancéreux se suicidaient, la recherche contre le cancer ne servirait plus à rien. Elle m'a dit aussi qu'elle n'avait peut-être pas supporté les attaques injustes contre son mari. Je lui ai répondu qu'on ne se suicidait pas pour si peu. Il faut un motif sérieux. A moins de se donner la mort pour s'amuser, pour tuer le temps.

En me quittant, elle m'a dit qu'elle était trop lâche pour se suicider. Il est de bon ton de penser que le suicide est lâche, que le courage c'est de rester. C'est aussi d'avoir les couilles d'appuyer sur la détente.

- Ou de se pendre.

 

(tableau)