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01/04/2011

Evelyne Leclercq m'a toujours énormément excité

evelyne leclercq

Tu es trop mon type de femme. Tu ne pourrais pas avoir la peau moins claire, être un peu moins ronde. Tu es trop blonde, et tes yeux sont trop bleus.

- Je suis châtain clair, et j'ai les yeux gris.

En tout cas tu as les yeux clairs.

- Je suis née en Normandie, et j'ai une peau blanche comme un yaourt nature.

C'est justement ce que je te reproche. Je te reproche d'être née au Havre, et d'avoir une carnation claire. J'aurais préféré que tu n'aies pas ce teint de porcelaine, tu m'aurais moins plu.

- Je ne vais quand même pas ressembler à une petite brune piquante pour te faire plaisir. Je ne suis pas brune aux yeux noirs. Je ne suis pas une Latino. Je ne ressemble pas à Eva Longoria. Il va falloir que tu l'acceptes.

Tu devrais faire des UV, ou partir en vacances au soleil et revenir bronzée.

- Mais je ne bronze pas. Je vais attraper des coups de soleil, et revenir rouge comme une écrevisse. Si tu veux vivre avec une brune, pars t'installer en Italie, en Espagne, ou au Guatemala. Je suis désolée d'être blonde et ronde.

Tu n'as qu'à suivre un régime pour perdre 3 kilos. Tes fesses rebondies m'excitent trop, je n'en peux plus de les voir le soir quand tu te démaquilles devant la glace de la salle de bains. Je vis dans un état d'excitation permanent. Tu corresponds en tout point à tout ce qui m'excite chez une femme, tu réunis tous mes critères de beauté, c'est insupportable. Je vis un véritable enfer. Je t'en prie fais quelque chose, ou je vais être obligé de te quitter pour une femme qui me plaît moins que toi.

- Je peux à la limite me faire teindre en brune, si tu veux. Et acheter un vélo d'appartement pour faire fondre la graisse de mes cuisses que tu aimes tripoter quand tu me prends dans la position du missionnaire tous les matins avant de partir au travail.

Oui, si tu pouvais avoir des cuisses d'anorexique, des mollets de coq, ça m'arrangerait. Si tu pouvais être maigre, si on pouvait voir tes os. Mais non, tu es enrobée de chair blanche comme une barre Mars de chocolat au lait. Tu es plus appétissante qu'une barre chocolatée. D'autant plus que je n'en mange pas. Je déteste ces cochonneries.

- Entre moi et un couscous, tu choisis quoi ?

Il est vrai que j'ai du mal à garder mon calme devant un couscous. J'aurais du mal à choisir. Ce qui est sûr, c'est que je te préfère à un bol de riz. Entre toi et une barquette de frites, je te choisis sans hésitation. Je suis même prêt à renoncer à un steak tartare pour coucher avec toi. Je pourrais me priver de noisettes pour te plaire. Et même de noix. Tes tétons me font penser à des cerises, et tes fesses à des melons.

Et ton tatouage, au-dessus de tes fesses, c'est pour m'exciter, c'est ça ? C'est un papillon, ou des oreilles de lapin ?

(...) Tu n'es pas un bonbon à la fraise, arrête de me provoquer.

Arrête d'être toi-même. Essaye d'être un peu moins toi, et un peu plus une autre. Change de tête, va dans un salon de coiffure en province. Tu en ressortiras avec une coupe démodée, ringarde (...). Avec tes cheveux frisés tu ressembleras à un caniche. Tu pourrais aussi copier le brushing de Sue Ellen dans Dallas. Mais même avec ce brushing, tu m'exciterais. Même avec le chignon de Simone Veil. Même si tu étais coiffée comme Danièle Gilbert dans Midi-Première. Par contre, évite le brushing d'Evelyne Leclercq dans Tournez manège. Evelyne Leclercq m'a toujours énormément excité. Plus qu'Evelyne Dhéliat.

Sois moins jolie, moins sexy, c'est un ordre. Tu es trop mignonne pour être vraie. Regarde tes mensurations : 1m55, 50 kg. Une petite poupée. Tu n'aurais pas pu mesurer un mètre soixante-cinq ? Tu n'aurais pas pu être ordinaire ? Mais non, il faut que tu ressembles à une petite poupée russe, et que tu me rendes fou. Tu as des yeux de chatte, une petite bouche, et des cheveux châtains. Et puis tu as un sexe de femme, qui me fait penser à un abricot, une pomme coupée en deux. Et je ne parle pas de ton clitoris gros comme une bille.

De plus, tu as 22 ans. Tu ne pourrais pas être plus vieille ?

Tu ressembles à un verre de lait, une plaquette de chocolat blanc. Ton petit ventre appelle une érection immédiate. Tu es trop bandante. A cause de toi, je fais de l'hypertension.

- Appelle un médecin.

J'en ai assez que tu sois mignonne. J'en ai marre de tes cheveux, de ta peau, de tes pieds. J'en ai ras la casquette de tes genoux. Même ton coude est sexy. Si tu pouvais ne pas exister. Si tu pouvais disparaître. Eclater comme une bulle de savon. Si tu pouvais arrêter de mouiller comme une pucelle dès que tu touches un manche de pioche. Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour te rencontrer ? J'en viens à me demander si le mieux ne serait pas de te supprimer pour avoir enfin la paix. Mais comme je serais incapable de te mettre une balle dans la tête, de te planter un couteau dans le dos, je ferais sans doute appel à un tueur à gages, un sniper, un ancien membre du GIGN. Posté sur le toit d'un immeuble, ou en embuscade dans une chambre de service, il te dégommerait avec un fusil à lunette muni d'un silencieux.

- Tu es fou.

Oui, mon amour, fou de toi.

Les filles rondes et blondes devraient être interdites par la loi. On devrait les brûler en place publique comme autrefois les rousses. Elles créent un trouble à l'ordre public. Les filles devraient toutes mesurer 1m69 pour 45 kilos, avoir des mains osseuses, des yeux jaunes, des ongles rongés, et dégager une forte odeur de Javel ou d'oeuf pourri. Comme ça au lieu de nous exciter, elles nous donneraient envie de vomir.

Le tueur l'a supprimée un jeudi matin alors qu'elle sortait du pressing de la rue Lepic les bras chargés de vêtements dont une robe de coton blanc qu'elle portait au mois d'août et qui accentuait encore la blancheur insolente de sa peau laiteuse de Normande née au Havre rougie par les rayons du soleil voilé de Cabourg quand elle avait l'audace de l'exposer l'été en maillot deux-pièces sur la plage, devant le Grand Hôtel, où flotte encore l'ombre de Proust dans les couloirs, et sous les yeux ébahis des jeunes adolescents du coin qui en profitaient pour se masturber au-dessus d'elle et éjaculer sur ses seins pendant qu'elle dormait allongée sur sa serviette.

J'ai essayé de me désintoxiquer des peaux blanches. J'ai d'abord vécu avec une Africaine à la peau noire comme le café, puis une Polynésienne à la peau caramel. Aujourd'hui je vis avec une Marocaine à la peau café au lait dans un palais de Marrakech. Je ne suis pas avec elle pour son argent. En tout cas pas seulement. Je suis avec elle pour oublier les filles à peau blanche et au teint d'endive. Et aux gros seins. Mais j'ai l'impression qu'au lieu de m'en éloigner, je m'en rapproche dangereusement. Car elle a des formes. Et sa peau est relativement claire. Sa peau café au lait est moins café que lait. C'est un café au lait avec beaucoup de lait, et très peu de café. De plus, elle a les fesses blanches. Je crois que j'ai replongé.

 

17:00 Écrit par marronnier dans Fiction, Littérature | Tags : evelyne leclercq, couple, sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |