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20/01/2011

La prisonnière avait une forte poitrine

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J'ai entendu à la radio dans la bouche d'un journaliste que j'étais une femme fatale. Je suis assez d'accord avec cette définition. Mais femme fatale est une vision assez romanesque ou cinématographique des choses. On pourrait tout aussi bien dire que je suis une pétasse. Comme Lolita Pille. Je mise tout sur mon physique. C'est avec mon cul que j'obtiens ce que je veux. Mon cul est mon arme de destruction massive.

Mais attention, je ne suis pas une pute. Ni une actrice de films X comme Clara Morgane. Ou Estelle Desanges.

Je suis l'appât du gang des barbares. J'étais chargée de séduire un type de confession juive dont mon patron pensait qu'il était pété de thunes du simple fait de ses origines. Le type était le poisson, et j'étais l'hameçon. Je suppose que Youssouf était la canne à pêche. Mais je n'en donnerais pas ma chatte à lécher.

J'ai accepté parce que c'était bien payé. Il m'avait promis 5 000 euros. C'est le genre de proposition qui ne se refuse pas. Je n'ai pas participé directement au massacre d'Ilan Halimi, mais sans moi le massacre n'aurait pas eu lieu. J'ai été condamnée pour complicité d'assassinat. Je ne suis qu'un maillon faible de la chaîne criminelle.

J'ai vite compris que mon pouvoir de séduction pourrait m'être très utile en prison. Qu'avec mon cul je pourrais obtenir ce que je voudrais. Obtenir des faveurs que les autres connasses n'ont pas. Encore que certaines taillent des pipes aux gardiens en échange d'un Bounty. Ce sont des petites joueuses. Je n'allais pas me contenter d'une friandise. Je ne suce pas pour un Mars. Je ne couche pas pour un paquet de chips. J'ai aguiché un surveillant. Je l'ai laissé me peloter contre une corbeille de fruits, un verre de lait. J'ai séduit le cuisinier pour avoir de la viande plus souvent et plus de pain. J'ai même embrassé une gardienne en échange d'un tube de rouge à lèvres. Mais j'en voulais plus.

J'ai un cul capable de faire fondre un directeur de prison. Alors je comptais m'en servir pour obtenir de l'argent, des cigarettes, et un écran plat. J'ai sollicité un rendez-vous avec le directeur un matin. Il m'a reçu l'après-midi.

J'y suis allée en minijupe et maquillée. Ce bellâtre n'a pas mis longtemps à me proposer la botte. Il a emprisonné son sexe dans mon cachot sombre et humide. Le lendemain je recevais une cartouche de Benson et une caisse de champagne Taittinger.

A la fin de la semaine, j'ai eu mon écran plat Philips. Et j'ai reçu de l'argent, des colis, des cigarettes. La belle vie, quoi. En échange de mes services. Il me recevait régulièrement dans son bureau, ou dans d'autres locaux. Nous avions des rapports à même le sol. Tout ce manège a duré des mois.

Je ne comptais pas en rester là. J'avais l'évasion en ligne de mire. Je lui aurais demandé de me faire sortir cachée dans le coffre de son Audi. Il était trop dingue de moi pour me refuser cette faveur. Mais il y a eu des fuites. Deux prisonnières, sans doute jalouses et vexées de n'avoir jamais été convoquées dans le bureau du directeur pour un entretien privé, nous ont lâchement dénoncés à la police. Comme aux pires heures de l'Histoire.

Le directeur risque trois ans de prison. La prison, il connaît. Mais il a toujours été du bon côté de la barrière, de la porte. Il a toujours été devant les barreaux. Se retrouver derrière, ça risque de lui faire un choc. Je vais séduire le ministre de la Justice, Michel Mercier, pour qu'il accepte que je partage sa cellule.