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14/12/2010

Christine Ockrent est-elle une espionne ?

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Christine O veut-elle la peau d'ADP ? Cherche-t-elle à déstabiliser M. de Pouzilhac ? Veut-elle flinguer son patron d'une balle en pleine tête ? A-t-elle organisé un système d'espionnage informatique dans la société où elle travaille en tant que directrice et qui regroupe France 24, RFI, TV5 Monde ? Est-elle bordel de merde impliquée dans cette affaire ?

En tout cas, de lourds soupçons pèsent sur elle. Il y a de fortes chances pour qu'elle soit mouillée jusqu'au cou. Car en matière de management, la mère Christine ne fait pas dans la dentelle, ni dans le bain moussant. Elle a des méthodes de travail et de management assez radicales, plutôt musclées. Elle tranche dans le vif. Partout où elle passe, elle fait régner la terreur. Là où elle est passée, l'herbe ne repousse plus.

A L'Express, où elle a fait un passage éclair, on entend encore les portes claquer. On voit encore les murs trembler, et les stylos voler à travers la salle de rédaction.

Chez AEF, elle a commencé par virer à coups de pied au cul 206 personnes à RFI, et Ulysse Gosset à France 24. Ainsi que le rédacteur en chef Bernard Coq. Bernard Coq, qui avait eu le malheur d'écrire quelques années plus tôt un livre à charge contre Bernard Kouchner. Ca se passe comme ça avec Mme Ockrent. Si tu as le malheur de lui déplaire pour telle ou telle raison, tu glicles. Avec elle, c'est simple. Soit t'es viré, soit tu restes, et si tu restes, t'as intérêt à la fermer et à filer droit. Il faut avoir un moral d'acier quand on travaille à côté de ce bourreau. Des journalistes ont sombré dans une profonde mélancolie et une grave dépression après avoir travaillé sous ses ordres. Certains n'en sont pas encore remis, et traînent leur mal-être comme un boulet.

Christine O, c'est comme Brice de Nice. Elle t'envoie une vacherie, et elle crie "Cassé", avec le geste du bras. Travailler avec elle, c'est l'enfer. Elle casse tellement ses collaborateurs que le soir ils quittent leur travail brisés en mille morceaux, sur les rotules, bons à ramasser à la cuillère. Il y a un journaliste, il paraît qu'elle lui a brisé le cou. Le pauvre est obligé de porter une minerve.

Christine O est une tortionnaire. Seuls des anciens prisonniers ayant purgé une longue peine supporteraient de travailler avec elle. Ou des gardés à vue qui n'ont jamais avoué même sous la torture. Ou des légionnaires, des commandos de marine. Des hommes du Raid. Ou des anciens de Koh-Lanta, capables d'avaler des vers de terre crus, des moustiques grillés, ou des fourmis vivantes.

Non, il faut la stopper. C'est de pire en pire. Aujourd'hui, on la soupçonne d'espionnage. Non contente d'humilier, de rabrouer, et de gifler ses subordonnés, voilà qu'en plus elle les espionne. A la pause de midi, quand ils sont tous à la cantine en train de déjeuner d'une pizza ou d'un steak frites, elle fouille leurs cartables, leurs sacs à dos, consulte leurs agendas, pour savoir où et avec qui ils déjeunent, dînent, partent en week-end, pour pouvoir déjouer un éventuel putsch destiné à la renverser ou la faire vaciller sur son trône. La nuit, elle s'introduit dans leurs ordinateurs dont elle connaît tous les mots de passe par coeur, ou dont elle a recopié les codes sur une fiche bristol. Elle opère avec un complice, une proche collaboratrice qu'elle humilie un peu moins que les autres.

Elle s'intéresse également de très près aux ordinateurs des dirigeants de la boîte. Mais il est un ordinateur qui l'intéresse particulièrement : celui de son patron et ennemi juré Alain de Pouzilhac. Elle donnerait cher pour pouvoir pénétrer comme une souris à l'intérieur de cette machine infernale, de cet ordinateur de PDG. Elle donnerait tout pour s'y introduire comme un virus. Alors, aveuglée par la haine, la solution de l'espionnage informatique s'impose à elle comme une évidence. Ne supportant pas d'avoir un supérieur hiérarchique, et encore moins celui-là, elle met tout en oeuvre pour le torpiller en obtenant des informations compromettantes sur son compte dont elle pourra se servir ensuite pour exiger sa démission et s'installer dans son fauteuil de PDG.

Christine O nie les faits, évidemment. Il est vrai que c'est dans l'ordinateur de sa proche collaboratrice qu'on a découvert des fichiers volés, empilés comme des autoradios et des magnétoscopes dans une cave de cité sensible.

"Je ne suis pour rien dans cette affaire. (...) Si cette personne a mal agi, je le déplore."

Cette personne. Voilà comment elle parle de son ancienne collaboratrice. Elle est en train de la lâcher en rase campagne, de l'abandonner au bord de la route comme un chien, de la jeter à la poubelle comme un vieux jouet. Elle ne la connaît plus, ne l'a jamais vue. Elle est devenue une étrangère dont elle a oublié le nom, le visage. Elle va l'enfoncer, lui faire porter le chapeau, lui maintenir la tête sous l'eau. Elle va servir de fusible comme Eric Woerth et Alain Juppé. Elle va exploser comme un avion en vol, éclater comme une bulle de savon. Elle finira par se suicider au bord d'une rivière comme Pierre Bérégovoy.

 

(Photo)