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07/01/2011

Au coeur du mensonge de PPDA

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L'affaire PPDA nous plonge au coeur du mensonge. Dans les eaux troubles et marécageuses du milieu littéraire. Dans les caves humides et sombres des maisons d'édition. Dans les coulisses du monde secret de l'édition.

Il y a l'affaire du plagiat dont tout le monde parle. Je ne vais pas revenir dessus. Pour écrire sa biographie sur Hemingway, PPDA s'est fortement inspiré d'une autre biographie. C'est l'Express.fr qui a fait péter l'information qui éclabousse aujourd'hui le père Patrick et l'éditeur Arthaud. Et le plagiat n'est pas mince, puisqu'il porte sur une centaine de pages. Le titre de la biographie étant "La vie jusqu'à l'excès", on pourrait dire que PPDA a plagié jusqu'à l'excès. La ficelle était donc grosse, mais l'ouvrage plagié est aujourd'hui épuisé, et l'auteur est mort. Pratique quand on ne veut pas se faire piquer.

Il y a aussi l'affaire du nègre, dont on parle moins. Là il n'y a pas de preuves, mais il se murmure que PPDA aurait pris un nègre. Et c'est là que ça se corse. Ce ne serait pas PPDA l'auteur du livre, et donc du plagiat, mais son nègre. Ce qui ne le dédouane en rien, mais au contraire aggrave son cas. Car le pire n'est pas de piller sans vergogne un autre livre. Le pire c'est de laisser un nègre le faire à sa place. Parce qu'alors, il ne triche plus seulement sur 100 pages, mais sur toute la ligne. Sur tout le livre ! Si le plagiat porte sur un tiers du livre, il en a écrit les deux tiers. Mais s'il a pris un nègre, il n'a rien écrit du tout !

Le pire c'est le double mensonge : "J'ai passé un an et demi à écrire ce livre et trouve très désobligeant ce soupçon de plagiat." Le pire c'est qu'il n'est même pas l'auteur du plagiat, il n'est l'auteur de rien.

Il signe en gros caractères jaunes un livre écrit par un autre et qu'il n'a peut-être même pas pris la peine de lire. Si ça se trouve, il n'a même pas lu le titre.

Plagiat, nègre, cette affaire jette une lumière sur les pratiques douteuses du monde pourri de l'édition. Et elle montre bien le vrai visage de PPDA.

Pourquoi avoir "écrit" ce livre ? Pour l'argent ? Pour la gloire ? Ces types n'en ont jamais assez. Le journal de 20h ne lui suffisait pas. Il fallait en plus qu'il présente une émission littéraire, et qu'il écrive des livres. Journaliste, critique littéraire, et écrivain. Rien que ça. Et puis attention, pas n'importe quel écrivain. C'est que monsieur visait le Goncourt. La société marche sur la tête, les prix littéraires sont truqués, mais pas au point de lui avoir décerné le Goncourt. Pourtant à force de copinages et de trucages il a réussi à décrocher une fois l'Interallié.

Ce type est un truqueur professionnel. Il n'a pas seulement truqué l'interview de Fidel Castro. Il est allé jusqu'à truquer son nom. Il ne s'appelle pas Patrick Poivre d'Arvor. Il s'appelle Patrick Poivre. D'Arvor a été rajouté à Poivre comme d'Estaing à Giscard. Patrick Poivre d'Arvor, mon cul, comme dirait Zazie. Il n'est pas plus aristocrate que Patrick Sabatier. Et il n'y a pas plus de d'Arvor que de beurre en branche.

Chacun son métier. Qu'il se contente de faire le sien, au lieu de se prendre pour Houellebecq. Est-ce que Houellebecq présente le journal de 20h ? Tout le monde rigolerait. Le problème c'est que personne ne rigole quand Poivre d'Arvor publie un roman. Pourtant il n'est pas plus légitime à publier un roman que Houellebecq à présenter le 20h. Qu'il arrête de marcher sur les plates-bandes de Christine Angot. Et qu'il arrête de flouer le lecteur en publiant de faux livres.

 

17:55 Écrit par marronnier dans Livres, Médias | Tags : ppda, hemingway, plagiat | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |