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03/08/2011

Vis ma vie d'animatrice télé

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Je suis une animatrice de télévision qui ne travaille plus beaucoup depuis quelques années. A une époque, j'étais en couple avec un animateur célèbre dont les émissions cartonnent encore aujourd'hui et font à chaque fois au moins 40% de parts de marché. C'est excitant un homme dont les émissions font de l'audience. L'audimat est plus important que la taille du sexe pour m'exciter. Plus son émission de la veille avait marché, plus grande était mon envie de baiser, et plus ferme était son érection. D'ailleurs si son émission avait fait moins de 30% de parts de marché, ce qui était rare, on ne baisait pas. J'étais d'autant plus excitée que mes émissions cartonnaient aussi. Mes courbes d'audience étaient phénoménales. Nous étions un des couples les plus people et les plus en vue de France. Notre mariage a fait la une de Paris Match. Si ma cote de popularité s'est effondrée depuis notre divorce, pour lui ça marche toujours aussi bien. Il a continué sur sa lancée, alors que moi j'ai mal négocié le virage, et je me suis retrouvée dans le décor. Il y a dans ma trajectoire quelque chose de la chute d'une idole. J'ai connu la gloire, j'ai été tout en haut de l'affiche, portée au pinacle, et puis je me suis ramassée. La chute a été brutale, et douloureuse.

Vous l'avez peut-être oublié, mais à l'époque j'étais la grande vedette de la télévision, je travaillais sur la plus grande chaîne, je faisais la une de tous les magazines. Alors qu'aujourd'hui je n'ai droit qu'à des articles de trois lignes dans la presse régionale, ou à une brève dans Télé Poche. Dernièrement j'ai eu droit à un encart dans le Nouvel Obs pour parler de mon livre en mal. Non seulement je ne fais plus la une de Télé Star, mais je ne suis plus que très rarement dans les pages intérieures de Télé Loisirs. Ma vie a été un conte de fées, aujourd'hui ce n'est pas un cauchemar, mais ça y ressemble.

- Aujourd'hui c'est Wendy Bouchard qui a le vent en poupe.

J'ai quand même réussi à rebondir en décrochant une ou deux émissions sur le câble, et depuis la rentrée dernière, j'ai une émission à la radio. Mais la traversée du désert a été longue. Pendant dix-huit mois, le téléphone n'a plus sonné. Quand on a fini par me proposer une émission sur Canal Jimmy, j'ai accepté. J'aurais accepté n'importe quoi. Même de présenter la matinale sur Sweet FM. J'étais si mal, que j'aurais accepté de présenter la météo sur Europe 1, ou une émission de télé-réalité sur NRJ 12. D'ailleurs, pendant deux mois, j'ai donné l'heure sur une radio belge. Je donnais l'heure à partir de sept heures et non stop jusqu'à midi. J'annonçais aussi les programmes. C'était mal payé, et très fatigant. J'ai tenu huit mois, et j'ai donné ma dem. Quand on a présenté des émissions sur une grande chaîne devant des millions de téléspectateurs, c'est difficile d'en être réduite à donner l'heure et à annoncer les programmes sur une radio locale belge même à une heure de grande écoute. Pour me retenir, le directeur de la station, Bises FM, m'a proposé une émission en début d'après-midi. Au programme, des jeux, des dédicaces et tous les tubes des années 70. Une émission conviviale de 14h à 16h à l'heure de la sieste.

- Une émission disco pour réveiller les débuts d'après-midi.

Je lui ai dit d'aller se faire voir, et quand il a essayé de me violer, je lui ai donné un coup de pied dans les couilles. Son émission, il pouvait se la garder et la proposer au ringard avec des rouflaquettes qui la présente depuis cinq ans. J'étais tombée bien bas, mais pas au point de passer des disques de Mike Brant. Par contre en mai 2009 j'ai remplacé Maryse ou Julie un matin sur Europe 1. Elle avait fait une chute sans gravité dans l'escalier de la maison de la Radio.

- J'ai bien cru que je ne reparlerais jamais dans un micro.

Bien sûr ce n'est pas le Pérou, mais j'ai une émission d'une heure sur France inter, à moins que ce soit sur RTL. En tout cas je parle dans un micro, et je me caresse à nouveau. J'ai de nouveau de bonnes vibrations. Je me sens mieux dans mon corps d'animatrice. Comme toutes les animatrices, j'ai besoin d'un micro. Mais il arrive toujours un moment où je finis par avoir envie d'une bite.

- Je recherche actuellement un animateur pour booster ma vie sexuelle.

Si possible un animateur de TF1, mais un de M6 ou de France 2 ferait aussi bien l'affaire. Je vis avec un réalisateur, mais à part un documentaire pour Arte et une pub pour un dentifrice, il n'a rien réalisé de probant depuis des années. On s'est rencontrés en 2008, alors que nous étions tous les deux au creux de la vague. On a essayé de remonter la pente du succès ensemble. Si pour moi l'horizon est en train de se dégager, pour lui il est toujours aussi bouché. Je vais donc le quitter, car je n'ai pas envie de traîner ce boulet toute ma vie. Je vais le quitter vendredi prochain, la veille d'un week-end que j'irai passer en Bretagne avec une copine pour m'aérer la tête. On ira sucer des Bretons dans un club échangiste. Ma vie sexuelle est en berne. Depuis que je vis avec cette loque. Les réalisateurs sont des hommes de l'ombre, or je ne jouis qu'avec des hommes qui brillent, qui sont dans la lumière. Je n'aurais pas pu coucher avec François Truffaut ou Claude Sautet. Mais je pourrais avec des acteurs dont les films font au moins un million d'entrées. Je ne parviens à l'orgasme que lumière allumée, je ne peux pas faire l'amour dans le noir. Avec Luc, j'ai toujours l'impression de faire l'amour dans le noir, même en plein jour. De toute façon on baise une fois par trimestre, le reste du temps on s'embrasse. Ca allait tant que j'étais au fond du trou. Mais depuis que j'ai retrouvé une émission j'ai de nouveau le feu au cul. Ce n'est qu'un feu de paille, car c'est une émission sur le câble. Mais depuis que j'ai aussi une émission quotidienne à la radio le feu se propage et devient de plus en plus menaçant. Les flammes sont de plus en plus hautes. Le feu s'intensifie à mesure qu'on annonce mon arrivée prochaine sur France 2. Ce n'est pas encore signé, mais je suis chaude comme la braise. Il va falloir que je me trouve rapidement un animateur pour m'éteindre.

Bien sûr je ne serai plus jamais la star que j'ai été, je ne vivrai plus avec un animateur de prime time. Les animateurs de début de soirée sur TF1, M6 le dimanche et même France 2, ne sont plus à ma portée. Mais j'ai encore une chance de choper un animateur de TF1. Par exemple un animateur de jeu, c'est possible. Un jeu de fin d'après-midi, qui ferait 35% de parts de marché. Je peux aussi espérer un présentateur de JT sur une chaîne d'info continue. Sinon il faudra faire avec un présentateur de Stade 2, voire, dans le pire des cas, de Tout le sport sur France 3.

Ma vie sexuelle n'aura plus le même goût, elle sera plus fade. Elle ne sera plus dopée par les bons chiffres de Médiamétrie. Je ne baiserai plus avec un roi de l'Audimat.

- Il faudra que j'apprenne à jouir avec un animateur de jeu.

Un type incapable de faire une grosse audience au moins une fois dans sa vie.

08:00 Écrit par marronnier dans Fiction, Télé | Tags : tf1, rtl, france 2, europe 1, couple, wendy bouchard | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

29/06/2011

Alain Duhamel viré de RTL

alain duhamel

J'ai pris la décision de le congédier hier soir à 22h34. Je lui reproche de n'avoir pas su évoluer, de dire toujours la même chose, et d'avoir la même coiffure depuis 1968. De plus il n'a jamais été désigné langue de vipère en plus de cent trente participations à l'émission On refait le monde. Ce qui est une faute professionnelle.

Je lui reproche d'avoir trop d'expérience comme on reproche à un jeune de n'en avoir pas assez.

Je l'ai pris en flagrant délit de répétition. Il a répété 56 fois la même phrase en deux semaines, et utilisé 37 fois le même argument. En tant qu'auditeur de RTL, je ne peux l'accepter.

Ses éditos ont le même ton et le même rythme que ceux qu'il écrivait en 1978. D'ailleurs il se croit toujours en 1978. Il croit que Giscard est encore président de la République. Bien sûr il a entendu dire que Sarkozy a été élu en 2007. Mais il n'y croit pas une seconde. Pour lui le président c'est Giscard. Et le Premier ministre ce n'est pas du tout François Fillon, mais Raymond Barre. Et la prochaine élection aura lieu en 1981. Et pas du tout comme on essaie de nous le faire croire en 2012. RTL qui est une radio moderne ne pouvait pas garder un éditorialiste qui a 30 ans de retard. Et qui est coiffé comme en 1952.

Ses éditos me font penser aux actualités en noir et blanc d'après-guerre. Alain Duhamel est un homme du passé. Il vit dans un monde peuplé de R16, de DS, et de Renault 5 GTL. Il paye son café et son pain en euros, mais il a encore dans son porte-monnaie une pièce de 5 francs et de 10 francs. L'autre jour, pour payer son billet de train Paris-Cabourg, il a sorti un billet de 500 francs avant de se raviser et de faire un chèque de 315 francs. Ce chèque ayant été refusé par la guichetière, il en a fait un autre rédigé en euros. Il n'a pas de carte bleue car dans les années 70 ça n'existait pas. A son domicile il a deux téléphones fixes. Un blanc avec des touches et un gris avec cadran. Alain Duhamel vit dans les années Giscard. Pour lui Mai 68 est un événement récent et Françoise Giroud une excellente consoeur qu'il a croisée hier après-midi boulevard Saint-Germain.

Comme on le dit d'un enfant, c'est un éditorialiste modèle. Il n'a jamais braqué une banque, il n'a jamais rien fait d'illégal. Il est toujours resté dans les clous. Il n'a jamais commis le moindre écart de conduite ou de langage. Il n'a jamais volé de disques à Prisunic quand il était jeune. Il est poli. Il n'a jamais insulté sa concierge, ni battu son chien. Une fois, le 17 mars 1970, alors qu'il était de mauvaise humeur après avoir perdu un match de tennis contre son cousin, il a dit zut à un automobiliste qui lui a fait une queue de poisson avenue de Versailles alors qu'il se rendait à la Maison de la Radio pour animer un débat entre Maurice Couve de Murville et Jacques Chaban-Delmas. Il n'est ni raciste, ni gauchiste. Il n'a jamais voté Front national, et il est contre la peine de mort.

De plus il s'appelle Alain comme Alain Barrière, et son frère Patrice comme Patrice Dominguez.

Dans ces conditions j'ai bien fait de lui signifier son licenciement. Je regrette juste de ne pas l'avoir viré plus tôt.

 

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18:00 Écrit par marronnier dans Médias, Radio | Tags : alain duhamel, rtl, giscard | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |